Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 08:00
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Freaks, la monstrueuse parade a été réalisé en 1932 par Tod Browning.

Le cirque Tetrallini sillonne les routes en exhibant des êtres de tout genre.
Femme à barbe, homme-tronc, personnes difformes, etc.
Dans ce cirque, Hans (Harry Earles) est un illusionniste atteint de nanisme fiancé à Frieda (Daisy Earles). Mais, fasciné par la belle acrobate Cléopatre (Olga Baclanova), il lui demande de l'épouser.Annex---Baclanova--Olga--Freaks-_05.jpg
Vénale, celle-ci accepte lorsqu'elle apprend qu'Hans a hérité d'une grande fortune. Avec son complice Hercule (Henry Victor), elle projette alors de l'empoisonner sitôt la noce prononcée.

Tod Browning est également connu pour avoir réalisé Dracula en 1931, qui eut un grand succès.
Film "extrêmement dérangeant et choquant", Freaks a été interdit de diffusion en Angleterre pendant plus de 30 ans.
Bien que considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs films du cinéma, Freaks a connu une carrière assez courte, en raison de l'énorme scandale qu'il a suscité à sa sortie. Pourtant, la MGM avait pris deux précautions: faire modifier la fin, jugée trop provocatrice, et réduire sa durée de 90mn à 64mn.
Le film, excessivement âpre pour l'époque, a été un échec.
Il n'y a aucun trucage: la femme à barbe, les soeurs siamoises, la femme sans bras, l'homme-tronc et tous les autres sont de vrais artistes du cirque Barnum.
Soixante ans après avoir déchaîné les passions Freaks a fait partie de la sélection officielle du National Film Preservation Board des Etats-Unis en 1994, association cinématographique nationale luttant pour la préservation des oeuvres mythiques.
La restauration des bandes du film offre aujourd'hui une qualité d'image assez bonne.

freaks-pic.jpg Marquant, traumatisant, unique.
Freaks est un vrai choc visuel, un film coup de poing.
Il a certes un peu vieilli (et encore), mais il faut garder en tête que sa réalisation date de 1932 (l'année de naissance de François Truffaut ou de Louis Malle!).
Le panel de sentiments qui traverse le spectateur-voyeur est assez exceptionnel: effroi (scène finale), écoeurement (scène du diner avec Cléopatre), mais aussi tendresse (attachement de Frieda pour Hans, tristesse de ce dernier lorsqu'il comprend que Cléopatre ne l'aime pas), rire (les soeurs siamoises qui organisent leur mariage respectif, la rencontre des deux maris), apathie (prégnante tout le long du film).

Freaks offre un mélange de contrastes saisissant.

Mention spéciale pour le duo d'acteurs Harry et Daisy Earles, frères et soeurs dans la vie.
Le message final est assez évident (les monstres ne sont pas toujours ceux qu'on croit), mais peu importe. Cette mise en scène des reclus, des damnés de la terre offre son lot de sensations fortes. Tod Browning a le talent de ne pas se contenter de montrer, mais de construire un scénario intéressant, qu'il n'oublie pas de saupoudrer d'humour grinçant -voire caustique.
Film inclassable, dérangeant, fascinant.
A voir absolument.


Note: 20/20 (paf)




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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 17:34

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La Soif du mal est un film d'Orson Welles sorti en 1958, avec Orson Welles, Charlton Heston et Janet Leigh.

L'explosion d'une voiture piégée dans la petite ville de Los Robles, frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique, conduit le policier Hank Quilan (Orson Welles) à s'emparer de l'enquête. Vargas (Charlton Heston), son homologue mexicain en voyage de noces, s'oppose aux méthodes peu orthodoxes de Quilan. Mais ce dernier n'a pas l'intention de modifier son comportement, et lui garde rancune de ses remises en cause.
Vargas et sa femme (Janet Leigh) se trouvent alors pris en tenaille entre une police corrompue et le caïd local mis en danger par l'enquête du policier mexicain.
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Ce film a connu plusieurs versions de montage. Une première version tournée par Welles, une seconde avec des scènes supplémentaires tournées par un autre réalisateur. Et enfin, une version restaurée tenant compte des observations d'Orson Welles.
Ces scènes supplémentaires répondaient au désir d'Universal de modifier la première version dont elle était peu satisfaite. Aujourd'hui néanmoins, aura du réalisateur oblige, c'est la version entièrement réalisée par Orson Welles qui est privilégiée.
Comme souvent dans ses films, Welles tient également le rôle d'acteur. Mais ceux qui auraient gardé le souvenir de Citizen Kane seront surpris, tant il est méconnaissable. Bouffi et vieilli de 18 ans, maquillé à l'extrême pour lui donner une mine patibulaire, il n'a plus grand chose à voir avec le Charles Foster Kane de 1940.
Le film a été tourné en un mois et demi (18/02/57 au 02/04/57), ce qui est très peu pour un long métrage.
Il est tiré d'un roman de With Masterson, qu'Orson Welles n'aurait même pas lu, se contentant de parcourir le scénario et de le réecrire à sa sauce.
La scène du motel préfigure assez nettement la scène mythique de Psychose, dont Hitchcock s'est d'ailleurs peut-être inspiré.

TOUCH-EVIL--1-.jpg Film intéressant, La Soif du mal souffre néanmoins d'un scénario assez confus.
La première partie est exagérement lente, tandis que la seconde partie se révèle un peu trop maladroite pour fasciner.
La faute est peut-être à chercher du côté du montage qui, bien que se voulant fidèle aux directives d'Orson Welles, n'en constitue cependant pas la reproduction exacte (le début du film prévient d'ailleurs que cette version est handicapée d'imperfections, mais qu'Universal a fait de son mieux...).
L'intrigue est intéressante, l'ambiance oppressante, mais la sauce ne prend pas vraiment.
Soulignons néanmoins l'extraordinaire jeu d'acteur d'Orson Welles. Monstrueux de malhonnêteté, parangon de débauche, défiguré par l'alcool, c'est un vrai plaisir de le voir intérpréter l'horrible Hank Quilan.
De bonnes choses, donc, mais on reste sur sa faim.
C'est, bien entendu, une opinion très subjective puisque beaucoup parlent de La Soif du mal comme d'un chef d'oeuvre.

Note: 12/20




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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 15:19

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Le Rouge est mis est un film de Gilles Grangier réalisé en 1957, avec Lino Ventura et Jean Gabin.

Louis (Jean Gabin), sous des apparences de garagiste, est en fait un dangereux gangster.
Son frère Pierre (Marcel Bozzuffi) le surprend en train de préparer un coup avec son associé Pépito le gitan (Lino rouge-est-mis-1957-01-g.jpgVentura).
A la suite d'un hold-up raté, Pierre est arrêté. Pépito croit à une trahison de celui-ci et est bien décidé à se venger.

Ce film est une adaptation du roman d'Auguste Le Breton, dont les oeuvres ont souvent été transposées au cinéma: Razzia sur la chnouf, Le Clan des siciliens, etc.
Il réunit deux monstres du cinéma: Gabin et Ventura, et quelques excellents seconds rôles: Jean-Pierre Mocky, Paul Frankeur et Annie Girardot.
Ce n'est ni la première ni la dernière collaboration entre Gabin et Ventura, puisqu'il y a eu également Touchez pas au grisbi (1953), Razzia sur la chnouf (1955), Crime et châtiment (1956), ou Le Clan des siciliens (1969).
Mais de tous ces films, c'est peut-être "Le Rouge est mis" qui est le moins souvent diffusé.

Le Rouge est mis est un film sombre, digne du roman édité dans la collection "Séries noires" dont il est tiré.
Ce n'est pas le meilleur Gabin/Ventura, mais ça reste très plaisant à regarder malgré tout.
Ventura est surprenant de bestialité, dans son rôle de truand impulsif et sanguin.
C'est un bon petit polar français, avec gangsters, voitures, règlements de comptes et suspense.
La participation au scénario de Michel Audiard vient ajouter une petite touche bienvenue de gouaille parisienne.
La collaboration de ces deux monstres du cinéma fonctionne donc assez bien et accouche d'un film plutôt réussi.

Voici la critique de Michel Marmin, journaliste spécialisé dans le cinéma:

Un solide scénario tiré d'un roman d'Auguste Le Breton, des dialogues percutants de Michel Audiard, un Jean Gabin impérial flanqué de Lino Ventura et de Paul Frankeur, tous les ingrédients sont réunis pour faire un bon film noir à la française. C'est d'ailleurs ici le cas, même si le consciencieux Gilles Grangier n'a sans doute pas l'envergure d'un Jacques Becker ou d'un Jean-Pierre Melville. [...]Les nostalgiques des années cinquante auront plaisir à retrouver, dans Le rouge est mis, les décors, les lumières nocturnes et les silhouettes féminines d'un Paris révolu.

Note: 14/20


Pour une fois, pas de bande-annonce, mais un entretien de Gabin et Audiard sur Lino Ventura...



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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 13:55

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Le Train sifflera trois fois est un western réalisé par Fred Zinnermann en 1952, avec Gary Cooper et Grace Kelly.

Will Kane (Gary Cooper) est un homme heureux.
Sheriff tout juste marié, il s'apprête à prendre sa retraite le soir même et à convoler en justes noces.
Mais la rumeur enfle: Frank Miller (Ian MacDonald), un bandit qu'il a mis en prison il y a plusieurs années, arrive par le train de midi pour se venger. Il est accompagné de trois complices.
Malgré les supplications de sa femme (Grace Kelly), Will décide de l'attendre et tente de recruter des hommes pour le seconder. Mais peu à peu, tout le monde finit par se dérober.
Will sait que lorsque le train sifflera trois fois, annoncant l'arrivée de Frank Miller, il sera seul à se battre contre les quatre hommes.HighNoon2.jpg

Construit comme un huis clos au sein d'une petite ville, Le Train sifflera trois fois propose une intrigue en temps réel, augmentant ainsi l'intensité du combat final. Les premières images montrent une pendule indiquant 10h30; tout concourt à faire augmenter graduellement l'inquiétude du spectateur jusqu'à l'arrivée du train à midi.
Le Train sifflera trois fois a été réalisé quelques années après La Chevauchée fantastique de John Ford, mais bien avant la majeure partie des références actuelles (Le bon, la brute et le truand, Rio Bravo, Les Sept mercenaires, Il était une fois dans l'Ouest, etc.)
Voilà l'un des films qui a fait la légende de Gary Cooper, tout comme Rio Bravo fit celle de John Wayne un peu plus tard.

Lorsque Romain Gary écrivit "Adieu Gary Cooper", il ne faisait pas particulièrement référence à l'acteur (ce n'est pas du tout une biographie), mais à une constatation d'époque : le héros sans peur et sans reproche incarné par le cinéma américain -et plus particulièrement par Gary Cooper dans ses westerns- n'existe plus.

Le Train sifflera trois fois est beaucoup plus introspectif que la plupart des westerns classiques. Pas de chevauchées, de poursuites à cheval, de bagarres d'ivrognes. Seule la scène finale déroule les canons habituels des scènes de western. Pour le reste, c'est plutôt calme, lent et posé.
Et bien exécuté: on ne s'y ennuie pas une seconde car il n'y a aucun temps mort. L'intensité dramatique est graduellement développée jusqu'à son paroxysme: les fameux trois coups de sifflet du train de midi.
Zinnerman dévoile un héros plus humain et consistant, qui doute et s'interroge; un héros moins carton-pâte que les westerns spaghettis.
Certains seront peut-être décus, mais Le Train sifflera trois fois reste une belle référence du cinéma des années 1950.


Note: 15/20





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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 15:22

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Les Enchaînés est un film d'Alfred Hitchcock avec Cary Grant et Ingrid Bergman.

Alicia (Ingrid Bergman) est la fille d'un espion nazi condamné par un tribunal américain au lendemain de la guerre.
Elle n'a jamais partagé les penchants de son père pour l'Allemagne, mais mène une vie dépravée suite à la médiatisation de cette affaire.
Devlin (Cary Grant), agent secret américain, lui propose de travailler pour les Etats-Unis afin de réhabiliter son nom et de redonner de l'ordre à sa vie.
Alicia accepte la mission d'infiltrer une bande d'anciens nazis. Pour cela, elle se rapproche de Sebastian (Claude Rains), un ami de son père dont la maison est le point de ralliement de ces nazis.
Alicia et Devlin tombent amoureux, mais ce dernier, trop occupé par sa mission, ne semble pas s'en rendre compte.
Lorsque Sebastian demande à Alicia de l'épouser, celle-ci accepte en espérant que Devlin l'en empêchera.

La scène du baiser entre Cary Grant et Ingrid Bergman est bizarrement entrecoupée de dialogues. 18845307-r 760 x-f jpg-q x-20070907 051537
En fait, la censure de l'époque minutait littéralement les scènes jugées trop osées. Pour ne pas en pâtir, Hitchcock a inséré plusieurs échanges de dialogues afin de "remettre le compteur à zéro" et rallonger la durée du baiser.
Le photographe du plateau est Robert Capa, photographe-reporter de guerre légendaire, et qui eut une liaison avec Ingrid Bergman durant la Seconde guerre mondiale.
Ce film a fait l'objet d'une adaptation radiophonique, avec Orson Welles dans le rôle du narrateur.
Comme toujours ou presque, Hitchcock apparaît dans son film, à l'occasion de la réception donnée par Sebastian dans le film.
Anecdote amusante livrée par Hitchcock à propos de la différence de taille entre Ingrid Bergman et Claude Rains:
"C'était un bon couple, mais, dans les plans rapprochés, la différence de taille était si forte que, si on voulait les voir tous les deux dans le cadre, il fallait monter Claude Rains sur des cales. A un certain moment, on les voyait tous deux arriver de loin, et comme ils se rapprochaient de nous à la faveur d'un panoramique, il était impossible de faire monter Claude Rains brusquement sur une cale; il a donc fallu construire un espéce de faux plancher qui s'élevait progressivement."

Les Enchaînés est l'un des meilleurs Hitchcock.
Acteurs de renom (Cary Grant/Ingrid Bergman), tension permanente sur fond d'espionnage et de drame psychologique, photographie aussi sombre que talentueuse (merci Robert Capa!), etc.
Une vraie réussite.

Dans son entretien avec Hitchcock en 1966, Truffaut déclare :

"J'étais réellement impatient d'en arriver à Notorious, car c'est vraiment celui de vos films que je préfère, en tout cas de tous vos films en noir et blanc. Notorious, c'est la quintessence de Hitchcock. Il est resté extrêmement moderne. Il contient peu de scènes et est d'une pureté magnifique ; c'est un modèle de construction de scénario. Vous avez obtenu un maximum d'effets avec un minimum d'éléments. [...] L'intrigue sentimentale est la plus simple du monde : deux hommes amoureux de la même femme... On a le sentiment de voir quelque chose d'aussi contrôlé qu'un dessin animé. La plus grande réussite de Notorious, c'est probablement qu'il atteint au comble de la stylisation et au comble de la simplicité."

 

Note: 17/20

 

(La bande-annonce est franchement mauvaise, n'en tenez pas compte car elle ne reflète pas l'ambiance du film.)

 

 


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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 15:57

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Taxi Driver a été réalisé par Martin Scorsese en 1976, avec pour acteur principal Robert de Niro.

Travis Bickle (Robert de Niro) est un vétéran du Vietnam doté d'une personnalité déséquilibrée.
Insomniaque, il devient chauffeur de taxi de nuit dans les quartiers violents de New-York.
Travis passe son temps entre son taxi et les films érotiques de vieux cinémas croulants.
Sa personnalité déviante l'empêche d'entretenir des relations normales avec une jeune femme (Cybill Shepherd) qui travaille pour un candidat à la présidentielle.
Peu à peu, il perd la tête, achète des armes, et se charge de délivrer une prostituée (Jodie Foster) des mains d'un souteneur (Harvey Keitel).taxi_driver.jpg

Le scénariste (Paul Schrader) voulait faire de ce film une adaptation moderne de l'Etranger de Camus, tirée de sa propre histoire.
On raconte que pour se préparer à son rôle, Robert de Niro aurait travaillé pendant un mois en tant que chauffeur de taxi.
De même, la scène du miroir où Robert de Niro se parle à lui-même ("Are you talking to me?") aurait été totalement improvisée par l'acteur.
Au chapitre des anecdotes amusantes, le réalisateur Martin Scorsese apparaît dans le film en client de Travis Bickle, expliquant qu'il veut tuer sa femme qui le trompe. De même, la compagne de l'époque de Robert de Niro fait une apparition en tant qu'ouvreuse d'un cinéma pornographique.
Ce film remporta la palme d'or du festival de Cannes en 1976.

Taxi driver est une vision particulière de la misère urbaine des grandes villes déshumanisées. Certaines scènes sont vraiment violentes, aussi bien dans la narration (ex: le client qui explique vouloir faire sauter le vagin de sa femme avec un Magnum 44) que dans les images à proprement parler (scène finale).
Scorsese entraîne graduellement le spectateur dans une descente aux enfers au vitriol, grâce à la vision subjective de son personnage principal, entouré de pauvreté et de haine.
Film pessimiste, noir et assez sordide, interprété avec grand talent par Robert de Niro et Jodie Foster.
Qualifier Taxi Driver de "chef-d'oeuvre absolu" lui accorde néanmoins une aura nettement surrévaluée, bien qu'il s'agisse d'un film à voir une fois dans sa vie pour ne pas passer à côté d'un classique du cinéma.

Note: 13/20




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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 15:50

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Buffet froid a été réalisé par Bertrand Blier, avec Gérard Depardieu, Bernard Blier et Jean Carmet.

Alphonse Tram (Gérard Depardieu) est un chômeur qui vit dans une tour complètement inhabitée.
Sur le quai du RER, il croise le chemin d'un quidam (Michel Serrault), qu'il retrouve assassiné peu après avec son propre couteau.
Un peu plus tard, il fait la rencontre d'un commissaire de police (Bernard Blier), d'un assassin paranoïaque (Jean Carmet), et de nombreux personnages complètement loufoques.buffetfroid.jpg

Récompensé par le César du meilleur scénario, Buffet froid n'est pas le premier coup de maître de Bertrand Blier, qui avait déjà tourné Les valseuses (1974), également avec Gérard Depardieu.
Le film est assez énigmatique, voire parfois complètement alogique. Si l'on voulait lui trouver une comparaison littéraire, on pourrait peut-être le rapprocher des oeuvres de Ionesco (la Cantatrice chauve, Rhinocéros, etc.).
Et, de fait, aucune logique ni aucun sens ne semblent prévaloir, sans pour autant que le résultat soit raté ou ennuyeux.
Ce n'est pas la première fois que Blier s'appuie sur un trio d'acteurs, puisqu'on retrouve le même principe dans Les valseuses et Préparez vos mouchoirs (1978).

Plusieurs adjectifs pourraient convenir à ce film: mordant, provocateur, cynique, etc.
Blier ne s'embarasse d'aucune intrigue, d'aucune logique narrative. Ce qui importe, c'est cette vision du monde contemporain, froid et fataliste, qui fleure la solitude et l'incommunabilité. C'est noir, c'est caustique, c'est drôle et c'est tragique.
Avis aux dépressifs: attendez encore un peu avant de regarder Buffet froid.
Juste un mot sur la performance des comédiens: remarquable. Le trio Depardieu, Blier et Carmet fonctionne parfaitement.
On aime ou on déteste, mais c'est vraiment un OVNI du cinéma.


Note: 16,5/20






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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 15:51

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Fanfan la Tulipe est un film de Christian-Jaque, réalisé en 1951 et sorti en 1952, avec Gérard Philipe dans le rôle principal.

Coureur de jupons, Fanfan (Gérard Philipe) s'engage dans l'armée française pour échapper à une de ses conquêtes.
Convaincu qu'il va épouser la fille du roi (Sylvie Pelayo), persécuté par un officier de son régiment (Noël Roquevert),  aimé en secret par la belle Adeline (Gina Lollobrigida), la vie de Fanfan n'est pas de tout repos.
Les choses se précipitent lorsqu'il est arrêté, et condamné à mort par Louis XV (Marcel Herrand).
Adeline va alors tout faire pour obtenir sa grâce. fanfan

Il y a eu plusieurs versions de Fanfan la Tulipe, mais celle-ci reste la plus aboutie aux yeux des puristes.
C'est un des rôles les plus connus de Gérard Philipe.
L'excellent auteur René Fallet a participé au scénario, avec le non moins talentueux dialoguiste Henri Jeanson (Hôtel du Nord, La Vache et le prisonnier, etc.).
Si vous achetez le DVD, vous aurez droit à deux versions: la version originale en noir et blanc, et la version colorisée, qui paraît-il, est très soignée. Malgré tout, je vous recommande de rester sur la version noir et blanc
Pour l'anecdote, Fanfan la Tulipe fut le premier film français à être doublé en chinois.
Ce film passe en ce moment à la filmothèque du quartier latin.

Cette version de Fanfan la Tulipe est LA référence du film de cape et d'épée.
Christian-Jaque signe une oeuvre au rythme enlevé, sur fond d'aventures et d'humour, avec d'excellentes prestations d'acteurs. Outre Gérard Philipe, Noël Roquevert est une fois de plus extrêmement talentueux.
Il y a des cascades et des rebondissements à foison, on rit, on frissonne, on apprécie.
Pas grand chose à reprocher, donc, à ce petit film bien agréable.
Mais à titre personnel et sur le même registre, je vous recommanderais davantage "Cartouche" de Philippe de Broca, avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale.

Note: 14/20







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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 20:33



L'Assassin habite au 21 est un film d' Henri-Georges Clouzot avec Pierre Fresnay, Suzy Delair, et Noël Roquevert.

Un mystérieux assassin sème la terreur en laissant une carte de visite au nom de "Monsieur Durand" sur ses victimes.
L'enquête du commissaire Wens (Pierre Fresnay) le conduit jusqu'à une pension de famille, occupée par d'étranges personnages. Un fakir-prestidigitateur (Jean Tissier), un docteur de la coloniale (Noël Roquevert), une romancière vieille fille par la force des choses (Maximilienne), un ancien boxeur aveugle (Jean Despeaux) ou bien encore un valet de chambre imitateur de bruitages (Marc Natol). A cela s'ajoute la fiancée du commissaire (Suzy Delair), bien décidée à démasquer elle-même ce "Monsieur Durand".
Le commissaire Wens en est persuadé: l'assassin est l'un des membres de cette pension.

L'Assassin habite au 21 est l'adaptation du roman éponyme de Stanislas-André Steeman, qui avait situé l'action à Londres. Clouzot a francisé le livre, en choisisant Paris pour toile de fond, en changeant le nom du commissaire, et en substituant le nom originel de l'assassin "Mr Smith" en "Monsieur Durand".
C'est le premier long-métrage du réalisateur. Difficile à croire, au vu de l'impressionnante maîtrise du scénario et de la montée progressive et sans essouflement du suspense.
Les répliques sont rondement jouées, parfois assez caustiques.
A noter, pour les parisiens: ce film est projeté à la filmothèque du Quartier Latin, 9 rue Champollion. La copie, bien qu'ancienne, est de bonne qualité. Le DVD est très difficile à trouver, alors foncez.

Ce film est un petit bijou. Clouzot y mêle suspense et humour percutant pendant 1h25.
L'intrigue fonctionne parfaitement, et Clouzot prend un malin plaisir à emmeler toutes les présomptions de culpabilité des personnages.
Il faut avouer que les acteurs ne sont pas en reste, entre un Pierre Fresnay pasteur plus vrai que nature, un Noël Roquevert aussi bon que d'habitude (Pierre Larquay: -Vous faites l'apologie du crime! Roquevert: -"Non, de l'hécatombe. En rythme industriel"), et une Suzy Delair ingénue et complètement déjantée.
La tension dramatique ne fait pas défaut et les dialogues sont aux petits oignons. Certains sont d'ailleurs assez osés, pour l'époque.
Ajoutez à cela le charme propre aux bons vieux Clouzot vieillis en fût de chêne, et vous obtenez un excellent policier, captivant et drôle.


Note: 18/20

(l'extrait vidéo est assez mauvais et mal choisi, n'ayant pas retrouvé la bande-annonce d'époque)


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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 12:04
Je suis en vacances, il n'y aura pas d'article cette semaine ni la semaine prochaine...
Merci de votre compréhension, et à très bientôt.
Par naturalibus
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