Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /Juil /2010 13:14

 

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The Rocky Horror Picture Show est une comédie musicale réalisée par Jim Sharman en 1975.

 

La voiture de Janet (Susan Sarandon) et Brad (Barry Bostwick), un jeune couple fraîchement fiancé, tombe en panne dans un petit chemin isolé. Avisant un château à proximité, ils s'y rendent dans l'espoir d'être secourus. Un domestique effrayant (Richard O'Brien) les fait entrer, propulsant Janet et Brad dans des festivités excentriques et inattendues auxquelles ils ne peuvent échapper. Bientôt, ils font la rencontre du maître des lieux, l'étrange Frank N Furter (Tim Curry). 

 

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Le Rocky Horror Picture Show fait beaucoup d'allusions cinématographiques: Docteur Folamour de Stanley Kubrick (accent allemand et fauteuil roulant du Dr Scott, qui ne peut s'empêcher de faire le salut hitlérien), Nosferatu, dont le vampire inspira le personnage du domestique, ou Bande à part de Godard, dont la scène du madison est reprise par celle du Time Warp. La création de Rocky est bien entendu une parodie des multiples adaptations cinématographiques du roman de Mary Shelley : Frankenstein ou le Prométhée moderne. Lorsque Rocky grimpe la tour de la RKO avec Frank N Furter sur le dos, il faut y voir une allusion directe à King-Kong. Enfin, les tatouages « love » et « hate » sur les doigts du rockeur Eddie sont une allusion à Robert Mitchum dans La Nuit du chasseur.  Pour l'anecdote, le tatouage « 4711 » sur la cuisse droite de Frank fait référence à l'eau de cologne homonyme qui était très en vogue dans les années 1970 dans les milieux gays. L'histoire du film est censée se passer dans un des États conservateurs du centre des États-Unis pendant le scandale du Watergate, en novembre 1973. Quand Brad et Janet sont dans la voiture au Sans titre 9début du film, on peut entendre à la radio le président Richard Nixon parler de sa démission. (Source: wikipédia) 

Barry Bostwick, qui interprète Brad, est également connu pour avoir joué le maire de New-York dans l'excellente série Spin City. A cette occasion, il lui arrivait de porter un pin's sur lequel était marqué "I Survived Rocky Horror" ("J'ai survécu à Rocky Horror"). Il s'agit bien sûr d'un clin d'oeil à son rôle dans le film, pas toujours très valorisant...

A l'origine, The Rocky Horror Picture Show était une comédie musicale très populaire de Richard O'Brien (le domestique dans le film). Transposé de la scène à l'écran en 1975, il fit un bide à sa sortie. Un cinéma de New-York commenca à le projeter à ses séances de minuit, ce qui eut pour effet de réunir un noyau dur de spectateurs complètement accros à cette parodie de science-fiction/film d'horreur. Il est peu à peu devenu l'objet d'un véritable culte dans lequel le public avait sa part d'action (les plus passionnés s'habillaient comme les personnages, et apportaient des accessoires, comme du riz qu'ils jetaient pendant la scène du mariage). Pour les amateurs, le Studio Galande à Paris (5e) est le dernier cinéma en Europe à proposer le Rocky Horror Picture Show en permanence chaque vendredi et samedi soir.

 

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Inutile de disserter sur le scénario, il n'y en a (presque) pas. Ce n'est pas l'objet du Rocky Horror Picture Show. Adapté d’un spectacle à succès de Broadway, ce film revisite le thème de Frankenstein sur fond de comédie musicale décalée et érotique. Voire parfois quasi pornographique, mais sans que ce soit rocky-horror-picture-show-1975-15-g.jpgfranchement vulgaire. Ce midnight movie (films à petit budget diffusés tard le soir) est un délire artistique célébrant le comique kitsch, le mauvais goût et les plaisirs de la chair. La nullité recherchée du film surprend par son résultat: c'est une réalisation désopilante. Nous sommes, certes, dans le registre de la comédie musicale et le genre peut ne pas plaire à tout le monde. Mais oubliez Grease et consorts, ici les acteurs sont transsexuels et chantent en bas résille. C'est une ode décalée à la perversion, à l'érotisme, et à tout ce qui peut heurter les sensibilités bien nées. Pour autant, pas sûr que les imbéciles qui y voient un appel à la tolérance aient raison, tant l'idée de "faire passer un message" semble absurde dans ce genre de réalisation dont l'objectif avoué est de se payer une tranche de rigolade. Objet non identifié entre science-fiction, oeuvre de série B et film d'horreur, il faut une sacrée dose de second degré pour apprécier. Avec un peu de bon sens, on comprend vite que ce n'est pas le film à regarder avec grand-mère. Les images choisies pour illustrer ces propos parlent d'elles-mêmes. Du grand n'importe quoi jubilatoire


Note: 18/20


 

 

 

 


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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 10:36

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L'Ange bleu est un film réalisé par Josef von Sternberg avec Marlene Dietrich et Emil Jannings.

 

Dans l'Allemagne des années 1920, le professeur Emmanuel Rath (Emil Jannings) règne sur ses élèves en despote autoritaire. Son existence de célibaitaire endurci n'est traversé par aucun nuage, si ce n'est peut-être le surnom qu'on lui attribue: unrat, l'ordure. Un jour Rath apprend que ses élèves ont l'habitude de se retrouver dans un cabaret mal famé appelé l'Ange bleu. Il s'y rend alors dans l'intention de les prendre sur le fait. Il tombe immédiatement sous le charme de la chanteuse vedette, Lola Lola (Marlene Dietrich), qui va bientôt entraîner son existence routinière dans une spirale passionnelle et dangereuse.

 

C'est grâce à ce film que Marlene Dietrich est devenue célèbre, dans les années 1930. Comme disait Cocteau, "Votre nom L_ange_bleu_37323a.jpgcommence par une caresse et se termine par un coup de cravache"! On doit ce choix à un coup de poker de von Sternberg, qui prit alors le risque d'imposer une débutante dans le rôle pivot du film. Emil Jennings, qui joue le rôle du professeur, était bien plus connu à l'époque, puisqu'il venait de recevoir le premier Oscar du meilleur acteur en 1929. 

Le film est une adaptation du livre de Heinrich Mann, Professor Unrat. A noter que c'est le premier film parlant du cinéma allemand. On y retrouve cette ambiance particulière de lenteur qui donne parfois l'impression d'avoir affaire à un Fritz Lang, surtout dans la première partie.

A l'époque, L'Ange bleu a fait grand bruit, tant les motifs de scandale sont nombreux. Von Sternberg dévoile ainsi certaines parties de l'anatomie féminine proprement inimaginables, pour les esprits chastes des années 1930. Certaines répliques sont osées, à l'instar du "petit gourmand" prononcé lascivement et sans ambiguïté par Lola Lola à Rath réclamant trois sucres dans son café. Notons également la réaction indignée du public devant la scène de Lola Lola jactant comme une poule et de Rath lui répondant en poussant des "cocorico!". 

Ce film est très clairement divisé en deux parties. A la fois dans le scénario, mais également dans la réalisation, en ce sens que dans les dernières minutes von Sternberg utilise régulièrement, par parallélisme, des scènes très similaires au début du film (le travelling arrière dans la classe est l'une des premières mais aussi la dernière scène du film, le cabaret  filmé de l'extérieur la première fois que Rath s'y rend est montré de la même façon dans la dernière partie, l'élève souffre-douleur du début n'est autre que Rath à la fin du film, etc.) Von Sternberg a donc volontairement créé un effet de miroir saisissant entre le début et la fin. Nous ne pouvons malheureusement pas développer ce thème, afin de ne rien révéler au spectateur, mais l'invitons à regarder le film sous cette perspective.

 

 L'Ange bleu est un film original. C'est18836888.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20070907_032341.jpg un conte cruel tourné avec beaucoup d'acuité. Chaque réplique semble mûrement réfléchie, et guidée par le seul souci d'efficacité de la mise en scène. On sent chez von Sternberg que la percussion des images est le maître-mot. A titre d'exemple, l'une des premières scènes s'ouvre sur la ange-bleu-1930-02-gmort du petit oiseau du professeur Rath, qui ne chantera plus, et que la servante jette au feu sans trembler. Cela renforce ainsi l'impression de vie tristement banale de Rath, mais prélude également du sort qui pourrait lui être réservé par la suite. Von Sternberg joue sur deux tableaux, tout en contraste, entre la première et la seconde partie du film, et il est rare qu'une scène du début ne trouve son pendant, tristement déformé, vers la fin. Emil Jennings, par sa prestation irréprochable, contribue grandement à donner vie à cette césure. Ajoutons que Marlene Dietrich dégage une sensualité qu'il faut bien se garder de juger avec les canons modernes de la beauté. Les belles femmes d'aujourd'hui n'ont plus grand chose à voir avec celles des années 1930, plus charpentées mais pas moins sensuelles! Si son interprétation n'est pas réellement inoubliable, elle reste néanmoins de très bonne facture.

Malgré ses 80 ans, L'Ange bleu est un film qui n'a rien de conformiste, bien au contraire. Drôle, mais aussi cruel et brutal, c'est un film extrêmement intéressant à regarder, qui se sert des atours du film muet (expressionnisme des séquences, longs moments de silence qui pèsent sur l'image, etc.) sans pour autant délaisser les charmes incontestables de la bande-son (scènes chantées de Marlene Dietrich, pour ne citer que cela).

Un film bien ficelé, et pour ainsi dire "intelligent", si tant est qu'il y ait un sens à appliquer ce mot à une réalisation.

 

Note: 17/20

 

 

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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 08:40

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Nosferatu est un film réalisé par Friedrich-Wilhelm Murnau en 1922, avec pour acteur principal Max Schreck.

 

En 1838, le jeune clerc de notaire Hutter (Gustav von Wangenheim) doit se rendre en Transylvanie pour conclure une 1transaction immobilière avec le Comte Orlok (Max Schreck). Sa jeune femme Ellen (Greta Schroeder) est très inquiète de ce voyage, mais le laisse partir. Hutter ne tarde pas à réaliser que le Comte Orlok est en réalité Nosferatu, vampire se nourissant du sang de ses victimes. Mais celui-ci, tombé par hasard sur un portrait d'Ellen, est décidé à acheter le bâtiment proposé par Hutter, situé juste en face de la maison du couple. Lors de son voyage, Nosferatu répand la terreur sur son passage.

 

Ce film est inspiré du roman de Bram Stoker Dracula publié en 1897. Il est connu pour être l'un des plus singuliers du cinéma muet. Murnau a été aidé par le fait que le livre semblait prêt à être adapté au cinéma: il est en effet peu prolixe en dialogues, mais riche en descriptions, ce qui correspond parfaitement au mode de narration visuel du cinéma muet.

De nombreux réalisateurs s'inspirent encore aujourd'hui de cette adaptation, ou lui rendent hommage, à l'instar de Tim Burton dans Batman, le défi dans lequel le personnage incarné par Christopher Walken s'appelle Max Schreck. Plus récemment, L'Ombre du vampire fut réalisé en 2000, traitant des coulisses de tournage du film, et mettant en avant les rumeurs que Max Schreck serait un véritable vampire...

Nosferatu est la première adaptation de Dracula mais était illégale à l'époque, Murnau n'ayant pas acheté les droits à la veuve de Bram Stoker. Cela lui valut de nombreux démêlés judiciaires, qui ne prirent fin qu'à la mort de Florence Stoker.nosferatu-door-in-the-castle.jpg

De nombreuses voix se sont élevées pour mettre en lumière la dimension politique et sociale de Nosferatu. Pour certains, le long métrage, tourné juste après la Première Guerre mondiale, préfigurerait ainsi les horreurs nazies à venir. Pour d'autres, Nosferatu serait au contraire une oeuvre antisémite. Le débat critique fit ainsi rage lors de la sortie du film (source: allocine). Il existe même des interprétations parfaitement imbéciles penchant pour la thèse que Murnau a voulu dépeindre un

Nosferatu homosexuel refoulé. Ces trois théories sont loufoques et en tous points infondées.

Friedrich-Wilhelm Murnau a utilisé des filtres de couleurs pour son film. De fait, la pellicule possède une teinte jaunâtre et une teinte bleutée censées représenter les couleurs du jour et de la nuit. Il a même utilisé un filtre rosé pour l'aube. On peut en voir une illustration sur les photos et sur l'extrait vidéo de cet article.

Scènes intéressantes: Nosferatu se levant avec raideur de son cercueil et déambulant dans le château, jetant des ombres effrayantes sur son passage. Ainsi, bien entendu, que la scène finale.

 

3.jpgL'oeuvre de Bram Stoker représentait une histoire reposant sur le conflit éternel entre lumière et obscurité; il n'était donc pas illogique d'en adapter une version au cinéma muet, lequel ne dispose presque exclusivement que de ces deux effets. Murnau a ainsi accouché d'une oeuvre expressionniste dégageant un certain contraste visuel selon l'état d'esprit des personnages principaux.

Pour dire un mot des acteurs il suffit de souligner que Max Schreck porte le film à lui tout seul; il est d'ailleurs amusant de relever que son nom signifie "terreur". Son jeu se développe tout en finesse: très économe de ses mouvements, les contractions de son visage ne s'en révèlent pas moins extrêmement convaincantes.

A son image, le film est intelligemment construit, développé en cinq actes conduisant graduellement le spectateur du suspense à la frayeur. Il faut en effet reconnaître que Murnau s'illustre particulièrement par sa réussite dans l'art de distordre la réalité: soit en utilisant des filtres soit en trichant avec le temps (accélérés récurrents), ou encore en jouant avec les effets de profondeur (jeux d'ombres). Murnau crée ainsi une ambiance claustrophobique et arrive à donner un effet absolument irréel aux évènements, mais aussi aux décors naturels. La scène finale renforcée par l'utilisation de filtres de couleurs est véritablement remarquable, baignée de terreur et de poésie. A l'époque, donc, on pouvait considérer ce film comme une petite prouesse de réalisation. Malheureusement le film a terriblement vieilli. C'est assez normal, lorsqu'on garde en mémoire sa date de sortie: 1922 (date de l'exécution de Landru). Mais, malgré toutes ses qualités, on lutte un peu contre l'ennui tant certaines séquences sont lentes. Nosferatu est donc un film qui s'analyse plus qu'il ne se regarde. A ce titre, il serait dommage de passer à côté sous prétexte que c'est une oeuvre muette et parfois un peu trop éthérée, mais il faudrait être très indulgent pour être complètement enthousiasmé.


Note: 13/20

 

(L'extrait vidéo représente les dernières minutes du film. Tout le monde connaissant la fin, j'ai pensé que ce n'était pas gênant, sauf si vous tenez absolument à ne pas voir cette scène avant de regarder l'ensemble du film.)


 

 

 


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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 12:39

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Les Chaussons rouges est un film réalisé par Michael Powell en 1948, avec Moira Shearer et Anton Walbrook.

 

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Julian Craster (Marius Goring) est un étudiant souhaitant devenir compositeur. Victoria Page (Moira Shearer) est une jeune danseuse inconnue. Tous deux sont engagés par le directeur de ballet Boris Lermontov (Anton Walbrook). Peu après, celui-ci rejette sa danseuse étoile Irina Boronskaïa (Ludmilla Tcherina), jugeant incompatible son prochain mariage avec sa vocation de ballerine, et la remplace par Victoria Page. Lermontov demande alors à Craster de lui écrire un ballet à partir du conte d’Andersen, Les Souliers rouges. La première est un triomphe et Victoria se voit ensuite confier les plus beaux rôles du répertoire. Mais le très possessif et tyrannique Lermontov exige qu'elle s'identifie totalement au personnage de ce conte, et sacrifie sa vie à la danse.

Un jour, il réalise que Julian Craster et Victoria Page sont irrésistiblement amoureux.

 

Le ballet "Les Chaussons rouges" est inspiré du conte d'Andersen, in les Nouveaux contes publié en 1845. La traduction française du film a donné "Les Chaussons rouges", alors que le conte d'Andersen est traditionnellement traduit par "Les Souliers rouges".

Un cordonnier offre une paire de souliers rouges à une jeune fille qui se met alors à danser continuellement, heureuse et légère. Mais lorsque la jeune femme tente de se reposer, elle s'aperçoit19281515_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20100310_102848.jpg que les souliers rouges l'entraînent malgré elle. Incapable de s'arrêter de danser, elle finit par mourir.

 Michael Powell a accepté de réaliser Les Chaussons rouges à condition que l'actrice principale ne soit pas une comédienne, mais une danseuse. A l'écran, ce choix saute aux yeux. A sa sortie, la presse rejette le film qu'elle considère trop dur. Selon elle, l'histoire des Chaussons rouges est destinée à un public de jeunes filles. Pourtant, dans la version de Hans Christian Andersen, l'héroïne se fait trancher les pieds par la hâche d'un bucheron pour qu'elle cesse de danser. En réalité, l'adaptation du conte d'Andersen est bien moins violente (Source: wikipédia).

Les Chaussons rouges représente aujourd'hui une référence du cinéma pour des réalisateurs tel que Francis Ford Coppola («Les Chaussons rouges est le seul film à voir avant de mourir.») et Martin Scorsese («Le plus beau film en technicolor. Une vision jamais égalée»). Ce dernier a d'ailleurs présenté la version restaurée du film à l'occasion de l'ouverture 2009 du festival de Cannes. Les Chaussons rouges est l’occasion d’une réflexion sur l’art et la danse. Le film se penche sur la masse de travail nécessaire à l’élaboration d’un art où toute trace de labeur devra disparaître derrière l’excellence et la grâce.

 

TheRedShoes.jpgPar où commencer?

Méfions-nous des grands mots creux, mais les Chaussons rouges est un film très surprenant, mêlant grâce et douleur, poésie et littérature. S'il conduit à s'interroger sur l'art et son absolutisme, c'est aussi et surtout un agréable moment de cinéma, capable de réconcilier n'importe qui avec le ballet. Outre l'esthétisme des scènes dansées, on a le plaisir d'y entendre Tchaïkovski mais aussi, plus étonnant, des adaptations de certaines valses de Chopin.the-red-shoes-iii

Powell filme l'univers névrotique et dévorant de la danse avec un grand réalisme, et sans ennui. La scène du ballet, déroulée sur plus d'un quart d'heure,  dévoile ainsi une adaptation fantastique et féérique du conte d'Andersen.

Quant aux acteurs, une seule chose à souligner: l'affreux Lermontov est merveilleusement incarné par Anton Walbrook, tyrannique directeur de troupe. Son captatif besoin de disposer entièrement de ses danseuses est criant de vérité. A ce titre, ce n'est d'ailleurs pas un hasard si au fil de ses déceptions son teint devient de plus en plus pâle au point de ressembler étrangement aux représentations traditionnelles du Comte Dracula.

Les scènes clefs sont nombreuses, mais la plus importante est peut-être celle où Lermontov fait un résumé lapidaire du conte d'Andersen, dévoilant à la fois sa vision destructrice et passionnelle de la danse et augurant du sort tragique qui s'ouvre à la jeune danseuse. Au coeur du film, soulignons également la scène de représentation du ballet, qui outre sa beauté plastique est dotée de quelques effets spéciaux du plus bel effet (la danse entre Victoria et un morceau de journal qui se transforme en danseur, par exemple).

On redoutait une comédie musicale sans saveur (cf bande-annonce), il n'en est rien. Malgré la large place faite à la musique et à la danse, ce n'est aucunement une comédie musicale, mais une adaptation moderne d'un conte tragique qui a pour fil d'Arianne le ballet.

Une belle réussite.

 

Note: 19/20

 

 

 

 

Voici le début de la représentation du ballet:

 

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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 20:23

                                              

 

 

Le Corniaud est un film réalisé par Gérard Oury en 1965, avec Louis de Funès et Bourvil.

 

Sur le point de partir en vacances, Antoine Maréchal (Bourvil) est victime d'un accident provoqué par Léopold Saroyan (Louis de Funès). Ce dernier profite alors de l'occasion pour proposer à Maréchal d'emmener une de ses voitures de Naples à Bordeaux. Maréchal s'empresse d'accepter.                                             

Mais il ignore que la voiture, suivie de près par Saroyan, recèle en ses flancs de l'or, de l'héroïne, et le "you koun-koun", le plus gros diamant du monde.                                                  le_corniaud_1964_reference.jpg

Bientôt, une bande rivale projette de la récupérer par tous les moyens.                                                                    

 

Le Corniaud fait partie de ces films si appréciés, qu'il y a foison d'anecdotes de tournage*.

  • Après la projection des rushes des deux premières semaines de tournage, de Funès trouvant qu'il n'était pas assez présent à l'écran fera une « grève du masque » pendant près de 24 heures. Oury imagine alors la célèbre scène de douche, où l'acteur compare sa musculature avec celle d'un « grand balèze », l'ex-catcheur Robert Duranton. L'idée lui est inspirée par une rencontre étonnante faite lors d'un voyage en Italie «  ... j'avais rencontré à Capri un couple étrange, lui : un homo maigrichon américain, ridaillé mais milliardaire, elle : un colossal biquet français culturiste ! L'opposition physique entre ces deux êtres dépassait les limites de la bouffonnerie ».
  • L'aventure de La Grande vadrouille commence ... sur le tournage du Corniaud où Gérard Oury raconte aux deux comédiens le scénario du film à venir.
  • La 2CV était équipée de 250 boulons électriques afin qu'elle se disloque au moment voulu. Cette scène, la dernière tournée le 7 décembre 1964, fut peut-être inspirée à Oury par sa « rencontre » cinématographique avec Bourvil  sur le tournage du Miroir à deux faces. Dans ce film dramatique d'André Cavatte réalisé en 1958, Bourvil au volant de sa 2CV est percuté par Gérard Oury, acteur mais aussi co-scénariste du film, au volant d'une grosse américaine.
  • Lorsque Bourvil/Maréchal dit « elle va marcher beaucoup moins bien, forcément », juste après l'accident de la 2CV, on voit de Funès baisser la tête pour rire. Cette réplique n'était pas prévue et cette scène aurait difficilement été rejouable, ce qui aurait du être le cas si de Funès n'avait pas eu la présence d'esprit de se dissimuler le visage. On remarque également qu'au moment où la 2CV de Bourvil se disloque, ce dernier tire plusieurs fois sur le volant pour qu'il se décroche de son axe et ainsi assurer le gag et surtout la continuité de la scène.
  • le_corniaud_04_statue.jpg
  • Le scénario du Corniaud s'inspire de la mésaventure d'un présentateur de la télévision française, Jacques Angelvin, qui fut arrêté aux États-Unis en 1962 au volant d'une Buick provenant de France et dans laquelle plus de cinquante kilogrammes d'héroïne pure avaient été dissimulés. Lors de son arrestation, la voiture ne contenait plus la drogue et Angelvin clama d'abord son innocence en prétendant avoir été dupé, d'une manière semblable au héros du Corniaud. Il fut pourtant prouvé que la voiture du Français avait bien servi à transporter la drogue depuis Marseille jusqu'aux Etats-Unis et qu'il avait touché dix mille dollars pour cela. Plaidant coupable lors de son procès, le présentateur de Paris-Club fut incarcéré pendant cinq ans. Cette arrestation est un des épisodes du démantèlement de la « French connection».
  • Le cachet de Bourvil pour ce film est trois fois plus important que celui octroyé à de Funès.
  • La Cadillac conduite par Bourvil est un modèle Eldorado1964.
  • N°1 au box-office en 1965 : 11,74 millions d'entrées.
  • Lors du Festival de Cannes 1965, Oury et son producteur se voient proposer par des américains de réaliser et produire un remake avec Dean Martin et Jack Lemmon. Malgré une offre importante (« Budget doublé, salaires versés en Suisse promesses de deux autres films dans les cinq ans »), les Français ne donneront pas suite.

(*Source: wikipédia)

 

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Cette comédie bien franchouillarde précède de peu l'énorme succès que fut La Grande vadrouille.

Louis de Funès et Bourvil s'étaient déjà brièvement rencontrés dans la Traversée de Paris, mais bien furtivement. Cette fois, un film entier leur est consacré. Résultat: un sommet du rire.

Certaines répliques sont aujourd'hui connues de tous: le "Elle va marcher beaucoup moins bien maintenant, forcément" de Bourvil, précédé du "Quoi, quoi? Qu'est-ce qu'il y a? C'est pas grave, qu'est-ce qu'il y a?" de de Funès...).

Il n'y a pas grand chose à ajouter à la prestation de ces deux géants de l'humour.

Pour ceux qui aiment, recommandons également La Folie des grandeurs, avec de Funès et Montand.

 

Note: 17/20

 

 

 

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