Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 22:56

 

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Fahrenheit 451est un film de François Truffaut, sorti en 1966.

 

Dans une société indéfinie, la culture est considérée comme un danger. A ce titre, les livres sont strictement interdits, et leur détention punie par la loi.

Guy Montag (Oskar Werner) est un pompier consciencieux et respectueux des institutions, chargé de détruire les ouvrages par le feu. 

Il fait un jour la rencontre de la charmante Clarisse (Julie Christie), une institutrice qui conteste avec douceur la plupart des lois en vigueur. Les conversations qu'il mène avec elle finissent par conduire Montag à reconsidérer le sens de sa fonction.Fahrenheit.jpg

A son tour, il devient gagné par l'amour des livres.

 

Fahrenheit 451 est la température à laquelle le papier s'enflamme et se consumme.

C'est aussi et surtout le titre du livre de Ray Bradburry, paru aux Etats-Unis en 1943.

Guy Montag est joué par Oskar Werner, excellent interprète du film précédent de Truffaut: Jules et Jim.

Parmi les livres qui sont brûlés dans le film, on retrouve un exemplaire du magazine Les Cahiers du Cinéma (pour lequel Truffaut a travaillé) avec en couverture une photo de A Bout de souffle, mais également les romans Chroniques Martiennes et Fahrenheit 451, tous deux écrits par Ray Bradbury.

Illustration d'une société dont l'écrit a été banni, le film n'a pas de générique en toutes lettres : la liste des intervenants est dite en voix off au début du film, procédé que Truffaut a également utilisé dans La Nuit américaine.

 

Le livre de Bradburry est un récit dystopique de science-fiction.

Le film de Truffaut, beaucoup moins. Il témoigne d'un certain souci de réalisme dans le mode de vie des gens et dans  les petits objets de tous les jours. Aussi Truffaut a-t-il abandonné l'idée des chiens-robots de Bradburry.

La civilisation de Fahrenheit 451 est donc volontairement décrite comme la nôtre, dotée d'un esprit intellectuel et d'un discernement à l'état végétal. Une société désincarnée, comme inhabitée.

Truffaut a réussi à créer une atmosphère de tristesse, d'abrutissement collectif. Le malaise de cette société n'est pas à proprement parler souligné dans le film, mais il est palpable et dérangeant. C'est là que Fahrenheit 451 réussit quelque chose d'intéressant.

Cette ode à la littérature ne tombe pas pour autant dans les travers de ce que Jean-Louis Bory appelait le "préchi-précha humanitariste", et c'est tant mieux.

 

Note: 15/20

 

 

 


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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 14:18

 

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Un condamné à mort s'est échappé est un film de Robert Bresson, sorti en 1956.

 

Fontaine (François Leterrier) est un résistant français arrêté par les Allemands. Emmené à la prison de Montluc, il ne se fait aucune illusion sur son sort.sjff 01 img0114

Il élabore alors un plan pour s'échapper. Avec tout ce qu'il trouve autour de lui, il façonne une corde et des crochets. Son travail avance bien.

Le jour où on lui notifie sa condamnation à mort, un autre prisonnier (Charles Le Clainche) est affecté à sa cellule.

Fontaine s'interroge sur cette arrivée soudaine. Peut-il lui faire confiance? Doit-il le tuer, ou s'évader avec lui? 

 

Un condamné à mort s'est échappé est une adaptation cinématographique réalisée à partir des Mémoires d'André Devigny.

Voici une analyse pertinente sur l'usage des sons dans le film: "La majorité de l'action prend place dans une prison plutôt silencieuse, et où un certain nombre de bruits se détachent donc. Bresson en fait un usage esthétique important. C'est le cas notamment durant la longue scène de l'évasion, rythmée par un certain nombre de bruits extérieurs (cloches d'une église voisine, passage de trains, sifflets de locomotive)". (Source: wikipédia)

 

Un film sans fard, sobre et réussi.

Oubliez la petite musique à suspense, les effets de caméra ou les dialogues à outrance. Les artifices habituellement utilisés pour les évasions sont tous laissés de côté. Seul le réalisme est à la fête, ainsi que nous l'indique la phrase d'ouverture: "Cette histoire est véritable. Je la donne comme elle est, sans ornements" (Robert Bresson).

Fidèle à ses habitudes (cf. Pickpocket) Bresson nous livre une réalisation dépouillée à l'extrême, quasi monacale et qui, épurée de tout superflu, en déroutera certains. Pour ma part je trouve cette vision du cinéma très réussie, d'une authenticité rarement atteinte.

Et pour cause: dans Un condamné à mort s'est échappé, il s'agit moins de filmer une évasion que de se pencher sur la nature humaine. Bresson ouvre une vaste réflexion sur ce thème -et plus précisemment, sur le courage.

Si le fil dramatique du film reste très classique, la vision du réalisateur contribue ainsi à en faire quelque chose d'assez unique.


Note: 16/20


 

 

 

Vision du cinéma par Robert Bresson:

 



 


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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 21:00

 

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Paris brûle-t-il? est un film de René Clément sorti en 1966, avec une myriade extraordinaire d'acteurs:

Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Cassel, Bruno Cremer, Alain Delon, Kirk Douglas, Daniel Gélin, Yves Montand, Anthony Perkins, Michel Piccoli, Claude Rich, Simone Signoret, Jean-Louis Trintignant, Orson Welles, etc.

 

Août 1944. Les armées alliées sont aux portes de Paris.

La libération de la capitale française est imminente. Hitler ne l'ignore pas, et donne l'ordre au général von Choltitz, gouverneur militaire de la garnison de Paris, de raser la ville.18872842.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20070907_114658.jpg

 

Anecdote intéressante (source: Allocine): Pour réaliser cette adaptation du roman homonyme de Larry Collins et Dominique Lapierre, René Clément et son équipe ont bénéficié du soutien du gouvernement français. Il ont ainsi eu la possibilité de filmer la capitale déserte, mais devaient néanmoins, pour cela, commencer à tourner tous les jours dès cinq heures du matin. Au total, cent quatre-vingt lieux de tournage ont été nécessaires. En récompense de ces efforts, Paris brûle-t-il? a été nominé aux Oscars 1967 dans les catégories meilleur direction artistique (Pierre Guffroy), meilleur décors (Willy Holt) et meilleur photographie (Marcel Grignon). Quant à Maurice Jarre, il a été cité pour sa composition musicale lors des "Golden Globe" la même année.

 

A ma connaissance, aucun film ne réunit une distribution aussi exceptionnelle. Et pourtant, ce n'est pas un film de "stars", puisque celles-ci se mettent toutes au service du scénario, en interprétant de petits rôles.

Cette fresque historique est passionnante. Etalée sur 2h50, on aurait pu craindre quelques longueurs; mais ce n'est pas le cas.

René Clément nous montre l'entrée des troupes alliées dans Paris sous un angle inhabituel et somme toute privilégié, puisque les autorisations de l'Etat français lui ont permis de tourner "en conditions réelles". Le spectateur est ainsi invité à plonger dans les rues du Paris d'août 1944.

Ce film n'est pas une version romancée de la libération, c'est un témoignage exclusif et documenté d'une période de notre histoire.

 

Note: 17/20

 

 

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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 22:27


Classiquesducinema.com prend quelques vacances mais reviendra bientôt...
Par naturalibus
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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /Mars /2010 12:36


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La Fureur de vivre est un film de Nicholas Ray sorti en 1955, avec James Dean.

Jim Stark (James Dean) est un adolescent à problèmes qui ne supporte plus l'ambiance familiale.
Entre une mère tyrannique et un père apathique, il passe l'essentiel de son temps dehors à s'attirer des ennuis.
Lorsque la famille Stark emménage dans une nouvelle ville, Jim essaie de se tenir tranquille.
Il devient ami avec Platon (Sal Mineo), un jeune garçon mal dans sa peau délaissé par sa mère, et fuit la bande de voyous locale.1945-1-la-fureur-de-vivre
Mais attiré par sa voisine Judy (Natalie Wood), qui est aussi la petite amie du chef de cette bande, Jim ne peut éviter la confrontation.

Avec "A l'Est d'Eden", La Fureur de vivre est l'interprétation la plus connue de James Dean. Mais il faut dire que Dean n'a tourné que trois films en tant qu'acteur principal, avant de trouver subitemment la mort au volant de sa Porsche 550 spyder.
Ce film est celui du malaise de la société américaine. Sorti en 1955, il fit scandale, dans le sillage de L'Equipée sauvage avec Marlon Brando. Ce dernier a d'ailleurs failli jouer le rôle de Jim Stark,a vant qu'il ne soit confié à James Dean sur les recommandations d'Elia Kazian.
A noter, le petit rôle de Dennis Hopper (l'adolescent Goon), son vrai premier rôle.

PHTOla_fureur_de_vivre_1_w_450-copie-1.jpgLa Fureur de vivre est un film qui évoque le malaise de la délinquance juvénile des années 1950.
La solitude des marginaux y est assez bien analysée, avec un regard tendre et sympathique.
A l'origine, ce film devait être en noir et blanc, mais Ray convainquit la Warner de le laisser tourner en couleurs; bonne pioche, car il s'en sert intelligemment pour créer des effets d'expressionnisme reflétant bien le mal-être et la tension des personnages.
Quant à James Dean, il est simplement irréprochable. Il faut le voir crier son "Vous m'écartelez ! " à l'adresse de ses parents en train de se quereller.
Reste que cette oeuvre a beaucoup vieilli, et que les plus jeunes générations auront bien du mal à se projeter dans cette amérique des années 1950.
On s'ennuie un peu, et il faut avouer que le scénario manque de finesse, voire se repaît parfois de manichéisme (les adolescents divisés entre jeunesse dorée ou jeunesse délinquante?).
Sans être déplaisant, ce n'est pas non plus un chef-d'oeuvre absolu.
A voir pour s'en faire une idée.


Note: 11/20




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