Fahrenheit 451est un film de François Truffaut, sorti en 1966.
Dans une société indéfinie, la culture est considérée comme un danger. A ce titre, les livres sont strictement interdits, et leur détention punie par la loi.
Guy Montag (Oskar Werner) est un pompier consciencieux et respectueux des institutions, chargé de détruire les ouvrages par le feu.
Il fait un jour la rencontre de la charmante Clarisse (Julie Christie), une institutrice qui conteste avec douceur la plupart des lois en vigueur. Les conversations qu'il mène avec elle finissent
par conduire Montag à reconsidérer le sens de sa fonction.
A son tour, il devient gagné par l'amour des livres.
Fahrenheit 451 est la température à laquelle le papier s'enflamme et se consumme.
C'est aussi et surtout le titre du livre de Ray Bradburry, paru aux Etats-Unis en 1943.
Guy Montag est joué par Oskar Werner, excellent interprète du film précédent de Truffaut: Jules et Jim.
Parmi les livres qui sont brûlés dans le film, on retrouve un exemplaire du magazine Les Cahiers du Cinéma (pour lequel Truffaut a travaillé) avec en couverture une photo de A Bout de souffle, mais également les romans Chroniques Martiennes et Fahrenheit 451, tous deux écrits par Ray Bradbury.
Illustration d'une société dont l'écrit a été banni, le film n'a pas de générique en toutes lettres : la liste des intervenants est dite en voix off au début du film, procédé que Truffaut a également utilisé dans La Nuit américaine.
Le livre de Bradburry est un récit dystopique de science-fiction.
Le film de Truffaut, beaucoup moins. Il témoigne d'un certain souci de réalisme dans le mode de vie des gens et dans les petits objets de tous les jours. Aussi Truffaut a-t-il abandonné l'idée des chiens-robots de Bradburry.
La civilisation de Fahrenheit 451 est donc volontairement décrite comme la nôtre, dotée d'un esprit intellectuel et d'un discernement à l'état végétal. Une société désincarnée, comme inhabitée.
Truffaut a réussi à créer une atmosphère de tristesse, d'abrutissement collectif. Le malaise de cette société n'est pas à proprement parler souligné dans le film, mais il est palpable et dérangeant. C'est là que Fahrenheit 451 réussit quelque chose d'intéressant.
Cette ode à la littérature ne tombe pas pour autant dans les travers de ce que Jean-Louis Bory appelait le "préchi-précha humanitariste", et c'est tant mieux.
Note: 15/20


La Fureur de vivre est un film qui évoque le malaise de la délinquance juvénile des années 1950.
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