Jeudi 11 mars 2010
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Le Voyage dans la Lune est un film de Georges Méliès, réalisé en 1902.
A l'occasion d'un colloque d'astronomie, le professeur Barbenfouillis (Georges Méliès) propose à ses confrères d'organiser une expédition sur la lune. Son idée est de s'y faire envoyer à l'aide
d'un canon géant.
Une fois arrivés sur place, les savants découvrent que la lune est habitée par une population locale, les Sélénites.
Hélas, ceux-ci ne semblent pas très accueillants.

Le Voyage dans la Lune est le premier film sur la liste du patrimoine mondial du cinéma, reconnu aussi comme le tout premier film de science-fiction par l'UNESCO.
C'est l'adaptation du roman de Jules Verne "De la Terre à la Lune".
Il marque une importante étape dans l'histoire du cinéma, pour plusieurs raisons.
- Tout d'abord, c'est le premier film à manifester une certaine démarche artistique. Les frères Lumière avaient réalisé "La Sortie de l'usine Lumière à Lyon" sept ans auparavant, mais il est
difficile de lui conférer la nature de spectacle cinématographique. En effet, si Méliès s'intéresse à la fiction, les frères Lumière s'en tenaient alors à l'enregistrement pur et simple de la
réalité.
Avec le Voyage dans la Lune, Méliès signe une oeuvre cinématographique féérique.
- De plus, il faut savoir que c'est le tout premier film qui comporte des effets spéciaux. Puisant dans son passé de prestidigitateur, Méliès en est en effet l'inventeur exclusif.
- Enfin, l'autre originalité du Voyage dans la Lune tient à sa longueur (une dizaine de minutes), comparée aux bobines de deux minutes réalisées à la même époque.
Le Voyage dans la Lune est une
illustration du cinéma balbutiant des années 1900.
Provoquant une vraie révolution en 1902, cette oeuvre est influencée par le passé de magicien de Georges Méliès, qui expérimente certaines techniques cinématographiques aujourd'hui très employées
(fondus, effets spéciaux, astuces de montage, etc.)
A l'époque où le cinéma des frères Lumière décrit surtout la vie réelle, Méliès nous offre une oeuvre légère à des fins
exclusives de divertissement.
Ce film est un des jalons de l'histoire du cinéma. Amusant, féerique, novateur, il faut le visionner respectueusement, avec l'indulgence liée à
son âge (108 ans!). Et garder en tête que cette petite oeuvre d'apparence anodine a, par ses avancées, influencé le genre tout entier.
Note: 20/20
(Film muet, il existe de nombreuses versions sur lesquelles du son a été ajouté. Voici l'une d'elles.)
Par naturalibus
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Vendredi 26 février 2010
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15:33
Max et les Ferrailleurs est un film de Claude Sautet sorti en 1971 avec Michel Piccoli et Romy Schneider.
Max (Michel Piccoli) est policier. Suite au fiasco d'une de ses opérations, il souhaite faire un coup d'éclat pour redorer son blason.
Il croise par hasard Abel (Bernard Fresson), un ancien ami devenu voyou sans envergure. Abel l'informe que lui et quelques copains forment la bande des Ferrailleurs, dont l'activité consiste à
écumer les chantiers pour voler toute sorte de métaux.
Saisissant cette chance, Max aborde Lily (Romy Schneider), fiancée d'Abel qui vit de la prostitution. Il se fait alors passer pour un petit banquier, et la revoit à plusieurs reprises.
Bientôt, Max laisse filtrer quelques informations sur un transfert de fonds, espèrant ainsi qu'Abel et sa bande attaqueront la banque, et qu'il pourra les surprendre en flagrant délit.
Après Les Choses de la vie, c'est la seconde fois que Sautet réunit Schneider et Piccoli.
Ce dernier a lui-même choisi ses costumes de policier, en les achetant chez un tailleur spécialisé.
On raconte qu'il existait trois fins différentes, et que Sautet a eu le plus grand mal à trancher en faveur de cette version. Dans le but de ne rien dévoiler de l'intrigue, ces versions ne sont
pas développées ici.
A l'origine, les producteurs pressentaient Yves Montand ou Alain Delon dans le rôle de Max, mais ceux-ci refusèrent, à la grande satisfaction de Sautet (et du spectateur!) qui voulait imposer
Piccoli.
De même, Marlène Jobert et Catherine Deneuve refusèrent de se compromettre dans le rôle d'une prostituée (encore une fois, tant mieux pour le spectateur).
Max et les Ferrailleurs est un très bon film, peut-être le plus noir de Claude Sautet. C'est un chef-d'oeuvre d'interprétation. A ce titre, remercions Delon d'avoir refusé de jouer Max,
laissant ainsi Piccoli développer tout son génie et toute sa grâce d'acteur dans ce rôle qui lui va comme un gant. La superbe Romy Schneider n'est pas en reste, et l'ensemble forme une fois de
plus un couple attachant et crédible.
De plus, le scénario est assez inédit -ce qui ne gâche rien.
Scènes à retenir: celle où Romy Schneider prend un bain, coiffée du chapeau de Michel Piccoli occupé à la photographier. Celle également où Piccoli et Schneider s'embrassent
contre le mur. Enfin, celle du café, lorsque Piccoli lui avoue qui il est vraiment.
Film noir par excellence, froid et sans effets de manche, Max et les Ferrailleurs s'impose comme valeur de référence à ceux qui voudraient "regarder un Sautet".
Note: 17,5/20
Par naturalibus
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Vendredi 19 février 2010
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12:44
Casque d'or est un film réalisé par Jacques Becker en 1952, avec Simone Signoret et Serge Reggiani.
Belleville, 1898.
Marie, surnommée Casque d'or (Simone Signoret), fait la rencontre du menuisier Manda (Serge Reggiani) dans un bal populaire. Les deux jeunes gens tombent instantanément amoureux.
Mais l'amant de Marie (William Sabatier) qui appartient à une bande de voyous provoque Manda et l'oblige à se battre. A l'issue du combat, il est tué d'un coup de couteau.
Leca (Claude Dauphin), patron de la bande dont il faisait partie, tend alors un piège au jeune couple afin d'évincer Manda et de devenir l'amant de Casque d'or.
Le sujet de ce film est tiré d'un fait divers: le conflit, vers
1900, entre deux bandes rivales au sujet de la fameuse Casque d'or.
Je vous invite d'ailleurs à aller regarder la page wikipédia sur Amélie Elie (son vrai nom).
Les amours de Manda et de Casque d'or - "un petit chat de gouttière et une belle plante carnivore", dira Truffaut- ont fini peu à peu par conquérir tous les publics, malgré l'échec du film à sa
sortie.
Ce Paris des Apaches (petits truands de Belleville) est merveilleusement reconstitué.
On se promène avec insouciance à travers les rues de Belleville, les bals populaires et les petits estaminets de la Belle Epoque.
Signoret et Reggiani développent un jeu exceptionnel, et se consumment dans leur passion destructrice avec crédibilité.
Casque d'or a pourtant été un échec, malgré
l'enthousiasme d'une partie de la critique.
Certains y trouvent une explication dans la construction iconoclaste du film, pour l'époque: refus de développement psychologique au profit de l'action,
linéaire et sans artifices.
Aujourd'hui, il s'impose comme un pilier du cinéma français, en raison notamment de la beauté plastique de ses images et du réalisme des comportements de Signoret et Reggiani.
Le tout baigne dans cet univers poétique qui inspira plus tard Renoir dans "French Cancan" et Truffaut dans "Tirez sur le pianiste".
Une réussite. Un classique à ajouter à la liste des films incontournables.
Note: 16,5/20
Par naturalibus
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Mardi 9 février 2010
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08:00
Freaks, la monstrueuse parade a été réalisé en 1932 par Tod Browning.
Le cirque Tetrallini sillonne les routes en exhibant des êtres de tout genre.
Femme à barbe, homme-tronc, personnes difformes, etc.
Dans ce cirque, Hans (Harry Earles) est un illusionniste atteint de nanisme fiancé à Frieda (Daisy Earles). Mais, fasciné par la belle acrobate Cléopatre (Olga Baclanova), il lui demande de
l'épouser.
Vénale, celle-ci accepte lorsqu'elle apprend qu'Hans a hérité d'une grande fortune. Avec son complice Hercule (Henry Victor), elle projette alors de l'empoisonner sitôt la noce prononcée.
Tod Browning est également connu pour avoir réalisé Dracula en 1931, qui eut un grand succès.
Film "extrêmement dérangeant et choquant", Freaks a été interdit de diffusion en Angleterre pendant plus de 30 ans.
Bien que considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs films du cinéma, Freaks a connu une carrière assez courte, en raison de l'énorme scandale qu'il a suscité à sa sortie. Pourtant, la MGM
avait pris deux précautions: faire modifier la fin, jugée trop provocatrice, et réduire sa durée de 90mn à 64mn.
Le film, excessivement âpre pour l'époque, a été un échec.
Il n'y a aucun trucage: la femme à barbe, les soeurs siamoises, la femme sans bras, l'homme-tronc et tous les autres sont de vrais artistes du cirque Barnum.
Soixante ans après avoir déchaîné les passions Freaks a fait partie de la sélection officielle du National Film Preservation Board des Etats-Unis en 1994, association cinématographique
nationale luttant pour la préservation des oeuvres mythiques.
La restauration des bandes du film offre aujourd'hui une qualité d'image assez bonne.
Marquant, traumatisant, unique.
Freaks est un vrai choc visuel, un film coup de poing.
Il a certes un peu vieilli (et encore), mais il faut garder en tête que sa réalisation date de 1932 (l'année de naissance de François Truffaut ou de Louis Malle!).
Le panel de sentiments qui traverse le spectateur-voyeur est assez exceptionnel: effroi (scène finale), écoeurement (scène du diner avec Cléopatre), mais aussi tendresse (attachement de Frieda
pour Hans, tristesse de ce dernier lorsqu'il comprend que Cléopatre ne l'aime pas), rire (les soeurs siamoises qui organisent leur mariage respectif, la rencontre des deux maris), apathie
(prégnante tout le long du film).
Freaks offre un mélange de contrastes saisissant.
Mention spéciale pour le duo d'acteurs Harry et Daisy Earles, frères et soeurs dans la vie.
Le message final est assez évident (les monstres ne sont pas toujours ceux qu'on croit), mais peu importe. Cette mise en scène des reclus, des damnés de la terre offre son lot de
sensations fortes. Tod Browning a le talent de ne pas se contenter de montrer, mais de construire un scénario intéressant, qu'il n'oublie pas de saupoudrer d'humour grinçant.
Film inclassable, dérangeant, fascinant.
A voir absolument.
Note: 20/20 (paf)
Par naturalibus
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Jeudi 4 février 2010
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17:34
La Soif du mal est un film d'Orson Welles sorti en 1958, avec Orson Welles, Charlton Heston et Janet Leigh.
L'explosion d'une voiture piégée dans la petite ville de Los Robles, frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique, conduit le policier Hank Quilan (Orson Welles) à s'emparer de l'enquête.
Vargas (Charlton Heston), son homologue mexicain en voyage de noces, s'oppose aux méthodes peu orthodoxes de Quilan. Mais ce dernier n'a pas l'intention de modifier son comportement, et lui garde
rancune de ses remises en cause.
Vargas et sa femme (Janet Leigh) se trouvent alors pris en tenaille entre une police corrompue et le caïd local mis en danger par l'enquête du policier mexicain.

Ce film a connu plusieurs versions de montage. Une première version tournée par Welles, une seconde avec des scènes supplémentaires tournées par un autre réalisateur. Et enfin, une version
restaurée tenant compte des observations d'Orson Welles.
Ces scènes supplémentaires répondaient au désir d'Universal de modifier la première version dont elle était peu satisfaite. Aujourd'hui néanmoins, aura du réalisateur oblige, c'est la version
entièrement réalisée par Orson Welles qui est privilégiée.
Comme souvent dans ses films, Welles tient également le rôle d'acteur. Mais ceux qui auraient gardé le souvenir de Citizen Kane seront surpris, tant il est méconnaissable. Bouffi et vieilli de 18
ans, maquillé à l'extrême pour lui donner une mine patibulaire, il n'a plus grand chose à voir avec le Charles Foster Kane de 1940.
Le film a été tourné en un mois et demi (18/02/57 au 02/04/57), ce qui est très peu pour un long métrage.
Il est tiré d'un roman de With Masterson, qu'Orson Welles n'aurait même pas lu, se contentant de parcourir le scénario et de le réecrire à sa sauce.
La scène du motel préfigure assez nettement la scène mythique de Psychose, dont Hitchcock s'est d'ailleurs peut-être inspiré.
Film intéressant, La Soif du mal souffre néanmoins
d'un scénario assez confus.
La première partie est exagérement lente, tandis que la seconde partie se révèle un peu trop maladroite pour fasciner.
La faute est peut-être à chercher du côté du montage qui, bien que se voulant fidèle aux directives d'Orson Welles, n'en constitue cependant pas la reproduction exacte (le début du film prévient
d'ailleurs que cette version est handicapée d'imperfections, mais qu'Universal a fait de son mieux...).
L'intrigue est intéressante, l'ambiance oppressante, mais la sauce ne
prend pas vraiment.
Soulignons néanmoins l'extraordinaire jeu d'acteur d'Orson Welles. Monstrueux de malhonnêteté, parangon de débauche, défiguré par l'alcool, c'est un vrai
plaisir de le voir intérpréter l'horrible Hank Quilan.
De bonnes choses, donc, mais on reste sur sa faim.
C'est, bien entendu, une opinion très subjective puisque beaucoup parlent de La Soif du mal comme
d'un chef d'oeuvre.
Note: 12/20
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