Lundi 14 septembre 2009
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Docteur Folamour a été réalisé par Stanley Kubrick, et détient la particularité de voir Peter Sellers jouer trois rôles différents.
Suspectant les communistes de conspirer contre les Etats-Unis en voulant empoisonner leur eau potable, le général américain Jack Ripper (Sterling Hayden) donne l'ordre à plusieurs B 52 de détruire
l'URSS.
Pour assurer ce succès, il isole totalement sa base de commandement.
Le président des Etats-Unis (Peter Sellers) convoque ses généraux au Pentagone, où l'ambassadeur soviétique (Peter Bull) lui révèle que l'attaque de l'URSS déclencherait automatiquement la mise en
marche d'une "machine du Jugement dernier", programmée pour détruire toute forme de vie humaine sur terre.
Si le Docteur Folamour (Peter Sellers), spécialiste nazi de l'armement, trouve cette menace plausible, le général "Buck" Turgidson (George C. Scott), farouche anti-soviétique, ne croit pas l'URSS
assez développée pour mettre au point une invention de ce type.
Le nom du général, Jack Ripper, est évidemment emprunté au tristement célèbre Jack the Ripper, soit "Jack l'éventreur".
Peter Sellers joue trois personnages du film: le Capitaine Mandrake (la seule personne qui a accès au Général Ripper), le président des Etats-Unis, et le Docteur Folamour.
Mention spéciale à Peter Seller, bien sûr, mais également à la formidable prestation de George C. Scott (le procureur du film "Autopsie d'un meurtre").
La « machine du Jugement dernier » décrite par l'ambassadeur soviétique dans le film a vraiment été étudiée par l'URSS au début des années 1960. Le projet consistait en un vaste cargo
rempli de produits hautement radioactifs devant circuler le long des côtes soviétiques et qui, en cas de destruction de l'URSS, devait jouer le rôle d'une immense bombe radiologique. Ce projet n'a
jamais vu le jour devant les risques évidents d'accident (source: wikipédia).
Scènes mémorables: Peter Sellers en président américain tentant de prévenir le président soviétique de l'attaque imminente de l'URSS "par accident".
Ou cette réplique du président américain au général Turgidson et à l'ambassadeur soviétique occupés à se battre: "Messieurs, vous ne pouvez pas vous battre ici! Vous êtes dans le PC de
Guerre!".
Egalement: le Docteur Folamour tentant de contrôler son bras droit faisant le salut nazi.
Aussi: la plupart des répliques du général Turgidson, sous-estimant très ouvertement les soviétiques.
Pour finir, cette phrase du général Ripper: "Je suis résolu à ne pas tolérer l'infiltration communiste, la propagande communiste, la subversion communiste, l'intoxication et le complot communiste
qui sappent et qui putrifient tous nos plus précieux fluides corporels."
Charge anti-militariste, les armes de "Docteur Folamour" sont avant tout l'humour noir et le cynisme.
On rit beaucoup, on s'inquiète parfois, et on applaudit souvent cet opus magistralement servi par des acteurs de qualité. Nous avons le droit à trois Peter Sellers pour le prix d'un, et à un George
C. Scott qui en vaut bien trois.
Bien que l'humour utilisé ne soit pas le plus léger, on est tout de même assez loin de l'Orange Mécanique violent et sans finesse (sans plaisir aussi, pour ma part).
Le thème de l'homme perdant le contrôle de la machine est plutôt commun, mais il faut avouer qu'ici, Kubrick fait mouche en signant une très bonne comédie grinçante
Note: 17/20
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