Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 22:33



La Baie des anges est un film réalisé en 1963 par Jacques Demy, avec Jeanne Moreau et Claude Mann.

Fils d'horloger, Jean Fournier (Claude Mann) est un modeste employé de banque. Un jour, un collègue lui propose de l'accompagner à un casino. Jean gagne une petite fortune et, chassé par son père, se rend à Nice.
Il y fait la rencontre de Jackie (Jeanne Moreau), elle-même joueuse. Les deux jeunes gens ne se quittent plus, et écument les casinons ensemble, tantôt chanceux tantôt san
s le sou. Jean aimerait la ramener à Paris, mais la seule raison de vivre de Jackie semble être le jeu.

Le titre du film fait référence à cette baie qui s'étend de la promenade des Anglais au cap d'Antibes.
La Baie des anges témoigne de la première apparition de Claude Mann en tant qu'acteur.
Jacques Demy déclare : Le film correspond à une autre partie de moi-même, c'est ma "dark side". Je crois qu'on est comme la terre ou la lune, au soleil et puis tout à coup à l'ombre. Je voulais le film très noir, et très blanc. La Côte d'Azur a toujours représenté pour moi une espèce de perversion. Il y a ce mélange de richesse et de pauvreté. On y sent le vice "comme ça", c'est très curieux.

Comme en écho à cette déclaration, Demy opère un jeu de couleurs toute en nuance. Si la chance préside totalement à la destinée des deux personnages, le film, lui, semble moins livré au hasard, et cultive les contrastes: tourné en noir et blanc, les deux héros sont soit fortunés, soit complètement fauchés; Jeanne Moreau, blonde comme le soleil, apparaît régulièrement en blanc, alors que Claude Mann, très brun, revêt régulièrement un costume noir. Enfin, ce n'est sûrement pas un hasard si le collègue de travail de Jean, qui lui fait découvrir le jeu, s'appelle... Caron, transposition moderne du "nocher des Enfers".
La Baie des anges se présente comme un film sympathique, qui n'offre rien d'exceptionnel mais reste de bonne facture grâce à ses deux interprètes. Avec sa mise en scène assez sobre, Demy évite l'écueil de la surenchère, supposée mettre en avant la folie incontrôlable du jeu.

Note: 13,5/20



 

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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /2009 10:15



Le Cercle rouge est un film de Jean-Pierre Melville sorti en 1970 avec Bourvil, Montand et Delon.

Le jour de sa sortie de prison, Corey (Alain Delon) prépare déjà un nouveau coup; pendant ce temps, Vogel (Gian Maria Volonte), un meurtrier, échappe à la surveillance du commissaire Mattei (Bourvil). Malgré les barrages, Vogel parvient à s'échapper en se cachant dans le coffre d'une voiture qui s'avère être celle de Corey. Ce dernier l'engage alors pour monter son coup, puis fait appel à Jansen (Yves Montand), un ancien policier devenu alcoolique.
Mais le commissaire Mattei les attend au tournant.

Le casting d'origine réunissait Lino Ventura pour le rôle du commissaire, Paul Meurisse pour celui de l'ancien policier, et Jean-Paul Belmondo pour Vogel.
Pour expliquer le titre du film, Melville met en exergue une phrase de Krishna: "Quand des hommes même s'ils s'ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents. Au jour dit, inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge".
C'est l'avant-dernier film de Bourvil, qui joue ici un rôle sombre à contre-emploi. Il signe une interprétation impressionnante.

Le Cercle rouge est un film à l'accent crépusculaire, qui cultive tous les ingrédients du film noir: motels, appartements sans âme, solitude des personnages, absence de présence féminine, etc.
Ce film associe un casting parfait (Montand, Bourvil, Delon) à un scénario qui tient la route. C'est une grande réussite, analysée chaque jour dans les écoles de cinéma.
Scène marquante: Montand, dans un accès d'alcoolisme incontrôlable, qui croit être assailli par des bêtes de toutes les couleurs.

Note: 17/20


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Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /2009 08:00



La Grande vadrouille a été réalisé par Gérard Oury en 1966. Les acteurs principaux sont Louis de Funès, Bourvil, et Terry-Thomas.

En 1942, un avion anglais se perd dans le brouillard en survolant la France et se retrouve au-dessus de Paris. Abattu par les Allemands, trois aviateurs sautent de l'avion après avoir convenu d'un rendez-vous aux bains turcs.
Le premier atterrit dans le zoo de Vincennes, le second sur les toits de l'Opéra Garnier, où le chef d'orchestre Stanislas Lefort (Louis de Funès) est en train de répéter, et le dernier sur l'échafaudage du peintre en bâtiment Augustin Bouvet (Bourvil).
Stanislas Lefort et Augustin Bouvet cachent leurs protégés, et se rendent aux bains turcs. Poursuivis par les Allemands, ils se voient obligés d'accompagner les Anglais jusqu'à la zone libre.

Deux ans après Le Corniaud, Louis de Funès et Bourvil se retrouvent dans une nouvelle comédie de Gérard Oury.
Pendant 32 ans, ce film a détenu le record français du box-office, avec plus de 17 millions de spectateurs.
A noter que c'est Louis de Funès lui-même qui dirigea l'orchestre de Paris durant les scènes de répétition de la Damnation de Faust d'Hector Berlioz. Il avait tenu à prendre des cours et à ne pas être doublé.

Pas grand-chose à dire sur ce monument indémodable du cinéma français. La Grande vadrouille est un film populaire extraordinairement drôle, merveilleusement interprété par Bourvil et de Funès. Les scènes mémorables se suivent du début à la fin. Peut-être le film français le plus apprécié.

Note: 18/20


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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /2009 01:23
Antoine Doinel est le personnage récurrent de cinq films réalisés par François Truffaut, de 1959 à 1979.

Aujourd'hui ce n'est pas donc pas un film, mais cinq que je vais vous présenter.
Ces cinq réalisations sont parfaitement liées; tournées par le même réalisateur (François Truffaut), avec le même acteur fétiche (Jean-Pierre Léaud), elles racontent le cycle de vie du même personnage (Antoine Doinel). L'enfance, les rencontres amoureuses, le mariage, la vie en couple, le divorce. Les femmes ont une place prépondérante dans ce cycle.

Chaque film aurait mérité d'être présenté séparément, mais l'ensemble constituant une seule et même oeuvre, les voici tous brièvement mis en avant.

Note globale de la série: 16,5/20... pour Antoine Doinel, souvent plus que pour le scénario.

 









   


Les Quatre cents coups
(1959)

Antoine Doinel (Jean-Pierrel Léaud) a 14 ans. C'est un adolescent turbulent, qui vit entre une mère peu aimante (Claire Maurier) et un beau-père indifférent (Albert Rémy). Avec son ami René (Patrick Auffay), Antoine sèche les cours, et fait les 400 coups. Un jour, ils décident de voler une machine à écrire.

Cette oeuvre est très autobiographique; on comprend dès lors que les parents de François Truffaut l'accueillirent assez froidement...
Les Quatre cents coups a été nominé à l'Oscar du meilleur scénario.
Jean-Claude Brialy et Jeanne Moreau y font une apparition éclair.

Ce film est l'un des meilleurs de la saga des Antoine Doinel. Authentique et réaliste, c'est celui qui a contribué à faire connaître François Truffaut.
La spirale dans laquelle, par manque d'amour, s'enferme Antoine Doinel est filmée avec beaucoup de tendresse et de sensibilité. On dirait du Doisneau. C'est un film touchant, qu'il faut voir en priorité si vous ne voulez visionner qu'un seul Doinel.

Note: 17/20


En prime, l'audition de Jean-Pierre Léaud pour les 400 coups. Il y avait 100 candidats, mais la spontanéité de Léaud stupéfia Truffaut. On connaît la suite...
C'est un document exceptionnel.






Antoine et Colette (in L'Amour à 20 ans) (1962)

Antoine et Colette est un court métrage de 28 minutes, qui fait partie d'un ensemble de 6 films réunis sous le titre L'Amour à 20 ans.
C'est donc un Antoine Doinel assez particulier.

Antoine (Jean-Pierre Léaud) a 17 ans. A un concert de musique classique, il croise Colette (Marie-France Pisier), qu'il remarque immédiatement. Au bout de plusieurs tentatives d'approche, Antoine parvient à aborder Colette, et les deux adolescents deviennent amis. Antoine en tombe amoureux, et va jusqu'à vivre dans un hôtel en face de chez Colette. Mais cette dernière ne lui renvoie aucun signe d'amour et semble entièrement indifférente.

Antoine et Colette met en avant l'adolescence et son flot d'ivresses amoureuses. C'est un Antoine Doinel qui a bien grandi, depuis les Quatre cents coups. On retrouve son caractère indépendant, sa mauvaise humeur contrariée et sa débrouillardise de tous les jours (il travaille dans une industrie de disques).

Antoine et Colette est un petit film très attachant; fluide et bien maîtrisé, exhalant à la fois la mélancolie et le charme des rencontres amoureuses, c'est un petit peu un OVNI dans la saga Doinel. Son format court ne lui fait ressembler à aucun autre épisode. Mais on retrouve néanmois une des facettes de la vie d'Antoine Doinel chère à Truffaut; en l'espèce, les premières rencontres de l'adolescence. Le film est court, mais respecte une certaine continuité; ce serait dommage de passer à côté.


Note: 16/20





Baisers volés (1968)

Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) vient de se faire renvoyer de l'armée, dans laquelle il s'était engagé trois mois auparavant.
Lors d'un dîner chez Christine Darbon (Claude Jade), la jeune fille dont il est amoureux, il se voit proposer de devenir veilleur de nuit dans un hôtel.
Mais Antoine, à son habitude, ne tarde pas à se faire renvoyer. Il est alors engagé dans une agence de détectives privés, qui lui donne pour mission d'infiltrer un magasin de chaussures, dont le propriétaire Georges Tabard (Michael Lonsdale) est curieux de savoir pourquoi personne ne l'aime. Antoine ne se montre pas indifférent au charme de son épouse, Fabienne Tabard (Delphine Seyrig).

Baisers volés constitue le 3e volet des aventures d'Antoine Doinel.
Scène mémorable: celle où Antoine se regarde devant une glace et répète pendant 1mn30: "Fabienne Tabard, Fabienne Tabard, Fabienne Tabard (etc). Christine Darbon, Christine Darbon, Christine Darbon (etc). Antoine Doisnel. Antoine Doisnel. Antoine Doisnel (etc)."

Baisers volés est, avec les 400 coups, peut-être le meilleur des cinq films de la saga. La performance de Michael Lonsdale y est pour beaucoup. Mais c'est aussi celui où Antoine Doinel semble le plus épanoui, et le plus drôle.


Note: 16,5/20


Bonus:





Domicile conjugal (1970)


Antoine (Jean-Pierre Léaud) est maintenant marié à Christine (Claude Jade). Installés dans un petit appartement, tout semble se passer à merveille. Le jeune couple est heureux, dîne régulièrement avec les parents de Christine, bavarde tous les jours avec les habitants de l'immeuble. Antoine continue ses changements fréquents de métier.
Le couple traverse les joies du mariage, et Christine tombe même enceinte; elle accouche d'un petit garçon.
Mais Antoine la trompe avec une japonaise (Hiroko Berghauer).

Domicile conjugal est l'avant-dernier opus des Antoine Doinel. Des trois opus précédents, c'est peut-être le plus conventionnel. Truffaut souligne les plus belles années du mariage et l'adultère de Doinel.
"Aux côtés de Jean-Pierre Léaud dont on vante beaucoup les mérites, il serait injuste de ne pas mettre sur le même plan Claude Jade, l'épouse; elle est en réalité l'élément fort du couple et son interprétation le souligne clairement. Claude Jade a l'autorité dans le charme, la fierté dans l'amour, toutes choses en somme qui ne vont pas toujours ensemble chez les personnages de comédie." (La revue des deux mondes, 1971, p.228)

Domicile conjugal s'inscrit dans les premières années du mariage. Il flotte donc dans ce film une atmosphère de joie et de légèreté, mais aussi d'adultère. C'est une bonne exécution de Truffaut, bien que ce ne soit pas ma préférée.

Note: 15/20






L'Amour en fuite
(1979)


L'Amour en fuite vient clore cette saga Antoine Doinel.

Antoine (Jean-Pierre Léaud) et Christine (Claude Jade) se rendent au tribunal pour divorcer. Dans le taxi, le couple se remémore les joies et les difficultés de leur mariage.
En accompagnant son fils à la gare, Antoine rencontre Colette (Marie-France Pisier), une jeune fille dont il était fou amoureux il y a plusieurs années. Il saute alors dans le train pour la rejoindre.

L'Amour en fuite fait très largement appel aux flash-back; beaucoup de scènes des oeuvres précédentes sont intégralement réutilisées; aussi, inutile de voir ce film si vous n'avez pas vu les autres.

Voilà donc qui vient clore les aventures amoureuses d'Antoine Doinel. A titre personnel, je dirais que cet opus est nettement moins réussi que les autres. Au point que ce n'est pas toujours bien joué, et que le casting reste assez mystérieux (Dorothée dans le rôle d'une des maîtresses de Doinel...). D'ailleurs, Truffaut lui-même affirma "Je savais, en le tournant, que je faisais une connerie". Il fleure parfois ce que les années 1980 ont produit de plus mauvais, et on se demande un peu quelle est l'utilité d'avoir tourné ce volet.
Néanmoins, il contribue à mettre un point final à la saga Doinel.


Note: 11/20





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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 17:11



La Bataille d'Alger est un film réalisé par Gillo Pontecorvo en 1966.

Alger, 1957. Pressée par le FLN, la population d'Alger montre des signes inquiétants d'exaspération liée à la présence française sur son territoire. Suite aux nombreux attentats commis par le FLN, la France envoie l'armée française pour pacifier la ville, sous le commandement du colonel Mathieu (Jean Martin). Les militants FLN, emmenés par Ali La Pointe (Brahim Haggiag), réclament l'indépendance de l'Algérie et sont résolus à aller au bout de leur combat.

Le film joue la carte du réalisme (film tourné caméra à l'épaule), et de l'objectivité. De nombreux survivants de la Bataille d'Alger jouent leur propre rôle, ou ont conseillé le réalisateur lors du tournage.
Initialement interdit en France, ce film a longtemps été considéré comme un film de propagande anti-français. La réalité est plus nuancée.
Une projection du film a eu lieu en 2003 au Pentagone, afin d'analyser les erreurs commises par les français.

La Bataille d'Alger reste relativement sobre et objectif, puisqu'on y voit aussi bien l'arrogance et la domination française que les exactions du FLN, peu soucieux d'assassiner femmes et enfants lors des attentats.
La question des tortures est bien posée dans ce film, et c'est à travers le colonel Mathieu que Pontecorvo choisit d'y répondre; la fin (épargner des vies humaines en faisant parler les terroristes; rester en Algérie) justifie les moyens ("questionner" les prisonniers en utilisant la torture):  "La France doit-elle rester en Algérie? Si vous répondez encore oui, vous devez en accepter les conséquences nécessaires". On voit le colonel Mathieu analyser la situation strictement militairement, froidement, en tacticien.
La Bataille d'Alger mérite donc d'être visionné. C'est un film extrêmement intéressant. Globalement objectif sur le ton (histoire, faits, analyse des évènements, dérapages des deux parties), il l'est nettement moins dans le détail (façon de filmer, mépris systématique du Français envers l'Algérien à nuancer, pathos parfois exagéré). Mais il n'est jamais admiratif devant le FLN, dont il condamne les exactions.
Il faut garder en tête que tout a été tourné à chaud, quelques années seulement après les évènements.
A ce titre, c'est un film assez réussi.

Note: 16,5/20
(et remerciements à Monsieur B.)




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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /2009 00:00


Durant les vacances, ce blog sera alimenté à un rythme d'un à deux films par semaine, et non plus quotidiennement.
Cela commence... Aujourd'hui.
Prochain film très bientôt sur www.classiquesducinema.com


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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /2009 03:33



César et Rosalie est un film réalisé par Claude Sautet en 1972, avec Romy Schneider, Yves Montand et Sami Frey.

Rosalie (Romy Schneider) est une jeune femme qui vit avec César (Yves Montand). Le couple est heureux, jusqu'à ce que survienne David (Sami Frey), l'amour de jeunesse de Rosalie. César, piqué au vif, fait tout pour s'interposer entre eux.
Les deux hommes s'affrontent, mais unis autour de l'amour qu'ils portent à Rosalie, finissent par devenir amis.
Celle-ci, tiraillée entre les deux, supporte assez mal la situation.

A l'origine, Deneuve était pressentie pour interpréter le rôle de la jeune femme.
On retrouve dans ce film l'ambiance "à la Sautet", c'est-à-dire sobre et à la fois très noire. Dépressifs s'abstenir.
Réplique à retenir: celle de Montand (dont c'est ici un des rôles les plus expressifs, je trouve) à propos de Frey.
"Il est sympa...    Il est sympa, mais je lui mettrais bien un marron."

Montand, Frey et Schneider forment un trio admirable.
Ce n'est pas la première fois que le thème de la relation triangulaire est traitée au cinéma (cf. Jules et Jim, par exemple). Mais ici, on y voit moins une rivalité de coeur qu'une jeune femme qui ne parvient pas à choisir entre deux amants.
Il y a beaucoup d'excellents Sautet; celui-là fait mouche.

Note: 17/20




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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 00:19



Sunset Boulevard (Boulevard du crépuscule, en français) a été réalisé par Billy Wilder en 1950, avec Gloria Swanson, William Holden, et Eric von Stroheim.

Star déchue du film muet, Norma Desmond (Gloria Swanson) vit dans sa grande demeure de Beverly Hills. Auprès d'elle, un majordome entièrement dévoué (Eric von Stroheim), très méfiant de tout ce qui pourrait atteindre Norma dans ses illusions de gloire. Un jour, Joe Gillis (William Holden), scénariste sans le sou, entre dans l'énorme demeure afin d'échapper à ses créanciers.
Norma lui propose alors de corriger un scénario qu'elle a elle-même rédigé, la mettant en scène dans le rôle de Salomé.
Elle devient bientôt sa maîtresse, mais Joe se sent prisonnier de cette relation à sens unique.

Sunset Boulevard est classé au 12e rang des meilleurs films de l'histoire par l'American Film Institute.
Il a été nominé 11 fois aux Oscars et en a remporté 3. Son titre n'a pas été choisi par hasard, puisque c'est sur Sunset Boulevard que se développèrent les premiers studios de cinéma. De plus, le boulevard du "crépuscule" ne pouvait être mieux nommé pour parler d'une star en fin de carrière.
Gloria Swanson a de nombreux points communs avec Norma Desmond. Comme le personnage qu'elle incarne, elle a également connu une carrière fulgurante avant d'être oubliée. A tel point que Wilder dira: « Il y avait chez elle beaucoup de Norma, vous savez. ».

Sunset Boulevard est aujourd'hui considéré comme une merveille de l'histoire du cinéma. Et il est vrai que ce film noir est séduisant. Corrosif et caustique, c'est à une mise à mort d'Hollywood que l'on assiste; difficile de rester insensible à ses aspects les moins reluisants qui nous sautent en plein visage.
Sunset Boulevard, malgré son grand âge, a bien veilli. On y croise des seconds rôles et des "figurants" de luxe inattendus (Buster Keaton, Cecil B. DeMille, etc.), interprétant leur propre rôle. C'est cynique, c'est drôle, c'est talentueux. A voir.

Note: 16/20





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Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /2009 01:35



Blow-Up est un film réalisé par Michelangelo Antonioni en 1967.

Londres, années 1960. Thomas (David Hemmings) est un jeune photographe que tout le monde s'arrache.
Un jour, il se rend dans un parc, et prend une série de photos d'un couple qui s'embrasse.
La jeune femme (Vanessa Redgrave) fait tout pour récupérer les clichés, mais Thomas refuse de les lui céder.
Intrigué, il développe les photos, et aperçoit une arme pointée en direction du couple.

Florilège de critiques dythirambiques:
"Très grand film sur l'illusion et la réalité, sur la confrontation au monde réel. Le héros, Thomas, un photographe, se divertis (sic), au sens Pascalien, de la pensée de sa condition humaine et de la mort, du réel, en magnifiant cette réalité dans son atelier."

" Blow-Up questionne les rapports qu'entretiennent le réel et l'illusion, à travers le parcours initiatique et décousu d'un photographe de mode qui redécouvre, en sortant de son studio, l'épaisseur d'une réalité qui échappe à ses desseins."

"Le cinéma d'Antonioni est très symbolique et existentialiste." (Certes)

Blow Up fait partie de ces films où l'on s'ennuie du début à la fin, mais que les courants intellos adulent parce que quelque part, se cache un sens lointain, dissimulé.
Ce film a reçu la palme d'or 1967 (pas très étonnant). Autant dire que le critiquer, c'est passer pour un couillon.
Scène à retenir: celle des mimes qui, paraît-il, est superbe (ah bon).
Bref, à voir pour se faire une opinion, à fuir pour ceux qui n'ont pas de temps à perdre.

Note: 8/20






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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 00:22



Le Milliardaire a été réalisé par George Cukor en 1960, avec Marilyn Monroe et Yves Montand.

Jean-Marc Clement (Yves Montand) est un riche industriel français, installé aux Etats-Unis.
Apprenant qu'un théatre s'apprête à faire un numéro de caricature sur lui, il se rend sur place. Suite à un quiproquo, et alors que personne ne l'a reconnu, il est engagé pour jouer son propre rôle. Ebloui par le charme de la belle Amanda (Marilyn Monroe), il décide de donner le change afin de la séduire, et prend des cours de comédie.

Ce film est l'avant dernier de Marilyn Monroe. Comme dans Certains l'aiment chaud ou Les Hommes préfèrent les blondes, elle joue à merveille la jeune femme charmante et  ingénue.
Arthur Miller, son mari, est intervenu pour donner plus de caractère à son rôle; il ne figure cependant pas au générique.
Cary Grant, Charlton Heston ou bien encore James Stewart étaient pressentis pour le rôle du milliairdaire, mais tous refusèrent. C'est finalement Montand qui obtint le rôle.
Dans la catégorie potins inutiles, soulignons qu'Yves Montand et Marilyn Monroe ont vécu ensemble quelques semaines à la suite de ce tournage (alors même que Montand était marié avec Simone Signoret).
Scène à retenir: celle où Montand s'achète les meilleurs professeurs de chant et de comédie mais se révèle catastrophique. Et celle où Montand et Monroe chantent ensemble pour la première fois.

C'est évidemment une question d'appréciation personnelle, mais je trouve Montand plutôt commun dans ce rôle. Marilyn Monroe, en revanche, est absolument merveilleuse. Difficile de résister à ses apparitions. Bien sûr, les "puristes" (fumistes) vous expliqueront que c'est une mauvaise actrice et médiocre danseuse. Peu importe. Je vous conseille de visionner Le Milliardaire pour vous forger votre opinion. La mienne est faite: ce film doté d'un scénario intéressant constitue un divertissement de grande qualité.

Note: 16,5/20




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