Mardi 22 septembre 2009
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La Grande bouffe a été réalisé en 1973 par Marco Ferreri.
Marcello (Marcello Mastroianni), Philippe (Philippe Noiret), Michel (Michel Piccoli) et Ugo (Ugo Tognazzi) sont quatre amis respectivement pilote de ligne, juge, réalisateur, et restaurateur.
Réunis à la campagne, ils organisent une énorme "bouffe", et invitent des prostituées.
Leur but: manger jusqu'à en mourir.
Bientôt, les prostituées s'en vont, écoeurées. Mais l'opulente Andréa (Andréa Ferréol), fascinée par ce suicide culinaire, décide de rester.
Inutile d'être devin pour deviner à quel point ce film décapant a pu choquer le public de 1973. Hué au Festival de Cannes (cf vidéo n°2), Noiret répondit: « Nous tendions un miroir aux gens
et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie ».
Ce suicide programmé d'une société désabusée constitue une comédie tragique et une critique féroce de la société de consommation.
Scène représentative: Michel Piccoli, gavé par ses amis, qui meurt dans un grand pet sonore.
Dans La Grande bouffe, vous êtes face à quelque chose de cru et de parfois choquant. La position sociale de ces personnages jusqu'au-boutistes n'est pas faite pour alléger le malaise
ambiant...
Film corrosif de tous les excès et de toutes les impudeurs, il aurait pu n'être qu'un navet de plus. Mais admirablement servi par un quator d'acteurs explorant les (pseudo) vices de la société
bourgeoise, c'est une oeuvre finalement assez intéressante. Salace, paillarde, en somme "radicale".
Note: 13/20
Par naturalibus
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Lundi 14 septembre 2009
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Docteur Folamour a été réalisé par Stanley Kubrick, et détient la particularité de voir Peter Sellers jouer trois rôles différents.
Suspectant les communistes de conspirer contre les Etats-Unis en voulant empoisonner leur eau potable, le général américain Jack Ripper (Sterling Hayden) donne l'ordre à plusieurs B 52 de
détruire l'URSS.
Pour assurer ce succès, il isole totalement sa base de commandement.
Le président des Etats-Unis (Peter Sellers) convoque ses généraux au Pentagone, où l'ambassadeur soviétique (Peter Bull) lui révèle que l'attaque de l'URSS déclencherait automatiquement la mise
en marche d'une "machine du Jugement dernier", programmée pour détruire toute forme de vie humaine sur terre.
Si le Docteur Folamour (Peter Sellers), spécialiste nazi de l'armement, trouve cette menace plausible, le général "Buck" Turgidson (George C. Scott), farouche anti-soviétique, ne croit pas l'URSS
assez développée pour mettre au point une invention de ce type.
Le nom du général, Jack Ripper, est évidemment emprunté au tristement célèbre Jack the Ripper, soit "Jack l'éventreur".
Peter Sellers joue trois personnages du film: le Capitaine Mandrake (la seule personne qui a accès au Général Ripper), le président des Etats-Unis, et le Docteur Folamour.
Mention spéciale à Peter Seller, bien sûr, mais également à la formidable prestation de George C. Scott (le procureur du film "Autopsie d'un meurtre").
La « machine du Jugement dernier » décrite par l'ambassadeur soviétique dans le film a vraiment été étudiée par l'URSS au début des années 1960. Le projet consistait en un vaste cargo
rempli de produits hautement radioactifs devant circuler le long des côtes soviétiques et qui, en cas de destruction de l'URSS, devait jouer le rôle d'une immense bombe radiologique. Ce projet
n'a jamais vu le jour devant les risques évidents d'accident (source: wikipédia).
Scènes mémorables: Peter Sellers en président américain tentant de prévenir le président soviétique de l'attaque imminente de l'URSS "par accident".
Ou cette réplique du président américain au général Turgidson et à l'ambassadeur soviétique occupés à se battre: "Messieurs, vous ne pouvez pas vous battre ici! Vous êtes dans le PC de
Guerre!".
Egalement: le Docteur Folamour tentant de contrôler son bras droit faisant le salut nazi.
Aussi: la plupart des répliques du général Turgidson, sous-estimant très ouvertement les soviétiques.
Pour finir, cette phrase du général Ripper: "Je suis résolu à ne pas tolérer l'infiltration communiste, la propagande communiste, la subversion communiste, l'intoxication et le complot communiste
qui sappent et qui putrifient tous nos plus précieux fluides corporels."
Charge anti-militariste, les armes de "Docteur Folamour" sont avant tout l'humour noir et le cynisme.
On rit beaucoup, on s'inquiète parfois, et on applaudit souvent cet opus magistralement servi par des acteurs de qualité. Nous avons le droit à trois Peter Sellers pour le prix d'un, et à un
George C. Scott qui en vaut bien trois.
Bien que l'humour utilisé ne soit pas le plus léger, on est tout de même assez loin de l'Orange Mécanique violent et sans finesse (sans plaisir aussi, pour ma part).
Le thème de l'homme perdant le contrôle de la machine est plutôt commun, mais il faut avouer qu'ici, Kubrick fait mouche en signant une très bonne comédie grinçante
Note: 17/20
Par naturalibus
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Mercredi 9 septembre 2009
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Un Tramway nommé Désir a été réalisé par Elia Kazan en 1951, avec pour acteurs principaux Marlon Brando et Vivien Leigh.
Stella Dubois (Kim Hunter) a tout quitté pour vivre avec Stanley Kowalski (Marlon Brando), jeune ouvrier d'origine polonaise. Installés dans un quartier populaire de la Nouvelle-Orléans, ils
reçoivent un jour la visite de la soeur de Stella, Blanche (Vivien Leigh). Celle-ci ne tarde pas à s'installer chez eux. Jeune femme distinguée, Blanche est tout de suite attirée par son
beau-frère, mais révulsée par l'attitude hostile dont il fait preuve à son égard.
La cohabitation devient de plus en plus difficile entre Blanche et Stanley.
Ce film est l'adaptation cinématographique d'une pièce de théatre à succès jouée en 1947 à Broadway. C'est cette pièce -et surtout ce film- qui révélèrent Marlon Brando au public.
On dit de Kazian qu'il est le premier à avoir osé introduire le thème des pulsions sexuelles dans un long-métrage hollywoodien. Pour éviter une condamnation de la Ligue pour la vertu, le studio
Warner Brothers fit couper plusieurs scènes sans prévenir Kazian, qui n'avait pas les droits sur le montage. Ces scènes ont depuis été réintégrées au film.
Un Tramway nommé Désir a remporté quatre Oscars en 1952.
Bien sûr, il y a Marlon Brando, véritablement exceptionnel de bestialité, effroyable. Il crève l'écran, c'est peu de le dire.
Soulignons aussi la prestation de Vivien Leigh, superbe de crédibilité.
Mais pour le reste... Je vous laisse vous faire une opinion. Tout est question de goût, aussi ce qui suit n'engage-t-il que moi.
J'ai trouvé qu'on s'y ennuyait mortellement. La mise en scène, somme toute très classique, n'est pas loin du produit anesthésiant.
Mode d'emploi du visionnage: attendre chaque intervention (chaque charge, plutôt) de Brando avec impatience, et se rendormir juste après.
Note: 10,5/20 (9/10 pour Brando et Leigh, le reste se partage entre la réalisation et le scénario)
Par naturalibus
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Lundi 31 août 2009
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15:36
To be or not to be est un film réalisé en 1942 par Ernst Lubitsch.
Varsovie, 1939. Hitler vient d'envahir la Pologne. Un agent double à la solde des Allemands (Stanley Ridges) réussit à s'emparer de documents révélant l'identité des membres du réseau de
résistance polonais.
Une troupe de théatre (Carole Lombard, Jack Benny, etc.) va tout faire pour récupérer ces documents, en se déguisant en espions ou en officiers allemands. Certains acteurs ayant tendance à
"surjouer", ce jeu dangereux se révèle plus délicat que prévu.
Le film a été produit en 1942 mais n'est sorti en Europe qu'à la fin de la guerre, sous le titre "Jeu Dangereux".
Il s'agit bien d'une comédie; mais assez particulière, puisqu'elle fut tournée pendant qu'Hitler mettait l'Europe à feu et à sang.
"Ma théorie de base est que l'être humain le plus digne est ridicule au moins deux fois par jour" (Ernst Lubitsch).
A sa sortie, le film n'a pas rencontré le succès escompté. Pire, il a beaucoup choqué un public ne comprenant pas que l'on rie de la terreur nazie ("Ce que j'ai moqué
dans ce film, ce sont les nazis et leur idéologie ridicule" répondra Lubitsch).
Mention spéciale pour Sig Ruman en Colonel Ehrhardt!
Comédie décapante, To be or not to be emprunte la même approche que Le Dictateur (1940).
Les bons mots sont nombreux dans cette oeuvre abordée avec une audacieuse légèreté (la blague d'Hitler et du fromage, ou celle d'un officier allemand à propos de l'acteur Joseph Tura: "Il
massacrait Shakespeare, comme nous, la Pologne !").
Reste aujourd'hui une oeuvre très drôle et parfaitement menée, bien plus aboutie que "Barbe-Bleue et ses huit femmes".
Note: 16,5/20
Par naturalibus
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Mercredi 26 août 2009
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12:02
Autopsie d'un meutre a été réalisé par Otto Preminger en 1959. Les acteurs principaux sont James Stewart et George C. Scott.
Avocat, Paul Biegler (James Stewart) passe l'essentiel de son temps à la pêche. L'état de ses finances l'oblige à accepter une affaire de meurtre. Paul devient le représentant du lieutenant
Manion (Ben Gazzara), accusé d'avoir assassiné
l'homme qui aurait
violé sa femme (Lee Remick).
Mais le comportement de celle-ci et le manque de coopération du lieutenant ne lui facilitent pas la tâche.
Confronté à un brillant avocat général (George C. Scott), Paul va livrer de terrifiantes joutes juridiques pour faire émerger la vérité.
Autospie d'un meutre a reçu 7 nominations aux Oscar.
Ce film dépeint une représentation cynique du système judiciaire, dans laquelle la vérité importe moins que la férocité des combats entre les deux parties. A ce titre, on peut le rapprocher de
cet excellent Clouzot qu'est "La Vérité", avec Brigitte Bardot dans le rôle de l'accusée.
A noter, l'apparition de Duke Ellington dans le film, qui en a d'ailleurs composé la musique.
Le juge est incarné par Joseph N. Welsh, avocat de profession, connu pour avoir été confronté au sénateur McCarthy suite à la "chasse aux sorcières" aux USA.
D'une durée de 2h40, Autopsie d'un meutre souffre parfois de longueurs, et il faut attendre une vingtaine de minutes pour réellement accrocher.
Mais ceux qui ont le courage de passer ce cap ne le regretteront pas: les combats homériques entre l'avocat général (George C. Scott) et l'avocat de la défense (James Stewart) sont hypnotisants
de tension. Preminger analyse ce procès de telle façon, qu'on en sort avec des bouffées de chaleur. Tous les futurs avocats devraient le voir, car c'est un bon moment de cinéma, et peut-être
aussi une intéressante école d'apprentissage.
Note: 18/20
Par naturalibus
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