Mardi 7 juillet 2009
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La Bataille d'Alger est un film réalisé par Gillo Pontecorvo en 1966.
Alger, 1957. Pressée par le FLN, la population d'Alger montre des signes inquiétants d'exaspération liée à la présence française sur son territoire. Suite aux nombreux attentats commis par le FLN,
la France envoie l'armée française pour pacifier la ville, sous le commandement du colonel Mathieu (Jean Martin). Les militants FLN, emmenés par Ali La Pointe (Brahim Haggiag), réclament
l'indépendance de l'Algérie et sont résolus à aller au bout de leur combat.
Le film joue la carte du réalisme (film tourné caméra à l'épaule), et de l'objectivité. De nombreux survivants de la Bataille d'Alger jouent leur propre rôle, ou ont conseillé le réalisateur lors
du tournage.
Initialement interdit en France, ce film a longtemps été considéré comme un film de propagande anti-français. La réalité est plus nuancée.
Une projection du film a eu lieu en 2003 au Pentagone, afin d'analyser les erreurs commises par les français.
La Bataille d'Alger reste relativement sobre et objectif, puisqu'on y voit aussi bien l'arrogance et la domination française que les exactions du FLN, peu soucieux d'assassiner femmes et enfants
lors des attentats.
La question des tortures est bien posée dans ce film, et c'est à travers le colonel Mathieu que Pontecorvo choisit d'y répondre; la fin (épargner des vies humaines en faisant parler les
terroristes; rester en Algérie) justifie les moyens ("questionner" les prisonniers en utilisant la torture): "La France doit-elle rester en Algérie? Si vous répondez encore oui, vous devez en
accepter les conséquences nécessaires". On voit le colonel Mathieu analyser la situation strictement militairement, froidement, en tacticien.
La Bataille d'Alger mérite donc d'être visionné. C'est un film extrêmement intéressant. Globalement objectif sur le ton (histoire, faits, analyse des évènements, dérapages des deux parties), il
l'est nettement moins dans le détail (façon de filmer, mépris systématique du Français envers l'Algérien à nuancer, pathos parfois exagéré). Mais il n'est jamais admiratif devant le FLN, dont il
condamne les exactions.
Il faut garder en tête que tout a été tourné à chaud, quelques années seulement après les évènements. A ce titre, c'est un film assez réussi.
Note: 16,5/20
(et remerciements à Monsieur B.)
Par naturalibus
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