Jeudi 4 février 2010
4
04
/02
/2010
17:34
La Soif du mal est un film d'Orson Welles sorti en 1958, avec Orson Welles, Charlton Heston et Janet Leigh.
L'explosion d'une voiture piégée dans la petite ville de Los Robles, frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique, conduit le policier Hank Quilan (Orson Welles) à s'emparer de l'enquête. Vargas
(Charlton Heston), son homologue mexicain en voyage de noces, s'oppose aux méthodes peu orthodoxes de Quilan. Mais ce dernier n'a pas l'intention de modifier son comportement, et lui garde rancune
de ses remises en cause.
Vargas et sa femme (Janet Leigh) se trouvent alors pris en tenaille entre une police corrompue et le caïd local mis en danger par l'enquête du policier mexicain.

Ce film a connu plusieurs versions de montage. Une première version tournée par Welles, une seconde avec des scènes supplémentaires tournées par un autre réalisateur. Et enfin, une version
restaurée tenant compte des observations d'Orson Welles.
Ces scènes supplémentaires répondaient au désir d'Universal de modifier la première version dont elle était peu satisfaite. Aujourd'hui néanmoins, aura du réalisateur oblige, c'est la version
entièrement réalisée par Orson Welles qui est privilégiée.
Comme souvent dans ses films, Welles tient également le rôle d'acteur. Mais ceux qui auraient gardé le souvenir de Citizen Kane seront surpris, tant il est méconnaissable. Bouffi et vieilli de 18
ans, maquillé à l'extrême pour lui donner une mine patibulaire, il n'a plus grand chose à voir avec le Charles Foster Kane de 1940.
Le film a été tourné en un mois et demi (18/02/57 au 02/04/57), ce qui est très peu pour un long métrage.
Il est tiré d'un roman de With Masterson, qu'Orson Welles n'aurait même pas lu, se contentant de parcourir le scénario et de le réecrire à sa sauce.
La scène du motel préfigure assez nettement la scène mythique de Psychose, dont Hitchcock s'est d'ailleurs peut-être inspiré.
Film intéressant, La Soif du mal souffre néanmoins d'un
scénario assez confus.
La première partie est exagérement lente, tandis que la seconde partie se révèle un peu trop maladroite pour fasciner.
La faute est peut-être à chercher du côté du montage qui, bien que se voulant fidèle aux directives d'Orson Welles, n'en constitue cependant pas la reproduction exacte (le début du film prévient
d'ailleurs que cette version est handicapée d'imperfections, mais qu'Universal a fait de son mieux...).
L'intrigue est intéressante, l'ambiance oppressante, mais la sauce ne prend pas
vraiment.
Soulignons néanmoins l'extraordinaire jeu d'acteur d'Orson Welles. Monstrueux de malhonnêteté, parangon de débauche, défiguré par l'alcool, c'est un vrai plaisir de le voir
intérpréter l'horrible Hank Quilan.
De bonnes choses, donc, mais on reste sur sa faim.
C'est, bien entendu, une opinion très subjective puisque beaucoup parlent de La Soif du mal comme d'un chef d'oeuvre.
Note: 12/20
Derniers Commentaires