Vendredi 22 janvier 2010
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Le Train sifflera trois fois est un western réalisé par Fred Zinnermann en 1952, avec Gary Cooper et Grace Kelly.
Will Kane (Gary Cooper) est un homme heureux.
Sheriff tout juste marié, il s'apprête à prendre sa retraite le soir même et à convoler en justes noces.
Mais la rumeur enfle: Frank Miller (Ian MacDonald), un bandit qu'il a mis en prison il y a plusieurs années, arrive par le train de midi pour se venger. Il est accompagné de trois complices.
Malgré les supplications de sa femme (Grace Kelly), Will décide de l'attendre et tente de recruter des hommes pour le seconder. Mais peu à peu, tout le monde finit par se dérober.
Will sait que lorsque le train sifflera trois fois, annoncant l'arrivée de Frank Miller, il sera seul à se battre contre les quatre hommes.
Construit comme un huis clos au sein d'une petite ville, Le Train sifflera trois fois propose une intrigue en temps réel, augmentant ainsi l'intensité du combat final. Les premières images montrent
une pendule indiquant 10h30; tout concourt à faire augmenter graduellement l'inquiétude du spectateur jusqu'à l'arrivée du train à midi.
Le Train sifflera trois fois a été réalisé quelques années après La Chevauchée fantastique de John Ford, mais bien avant la majeure partie des références actuelles (Le bon, la brute et le truand,
Rio Bravo, Les Sept mercenaires, Il était une fois dans l'Ouest, etc.)
Voilà l'un des films qui a fait la légende de Gary Cooper, tout comme Rio Bravo fit celle de John Wayne un peu plus tard.
Lorsque Romain Gary écrivit "Adieu Gary Cooper", il ne faisait pas particulièrement référence à l'acteur (ce n'est pas du tout une biographie), mais à une constatation d'époque : le héros sans
peur et sans reproche incarné par le cinéma américain -et plus particulièrement par Gary Cooper dans ses westerns- n'existe plus.
Le Train sifflera trois fois est beaucoup plus introspectif que la plupart des westerns classiques. Pas de chevauchées, de poursuites à cheval, de bagarres d'ivrognes. Seule la scène finale
déroule les canons habituels des scènes de western. Pour le reste, c'est plutôt calme, lent et posé.
Et bien exécuté: on ne s'y ennuie pas une seconde car il n'y a aucun temps mort. L'intensité dramatique est graduellement développée jusqu'à son paroxysme: les fameux trois coups de sifflet du
train de midi.
Zinnerman dévoile un héros plus humain et consistant, qui doute et s'interroge; un héros moins carton-pâte que les westerns spaghettis.
Certains seront peut-être décus, mais Le Train sifflera trois fois reste une belle référence du cinéma des années 1950.
Note: 15/20
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