CLASSIQUESDUCINEMA.COM
The Lost weekend a été réalisé par Billy Wilder en 1945. Il est également connu sous le nom "Le Poison" ou
"Le Weekend perdu".
Don Birnam (Ray Milland) est un alcoolique qui n'a pas bu une goutte depuis 10 jours. Afin de l'aider à guérir, sa fiancée (Jane Wyman) et son frère (Philippe Terry) organisent un week-end à la
campagne.
Mais Birnam rechute, et se met de nouveau à boire. Il rate le train et reste tout le week-end seul à écumer les bars.
Malgré tous les efforts de sa fiancée, Birnam n'arrive pas à résister à la tentation de la bouteille, et se saoule du matin au soir.
Mais il sait que cette situation ne peut plus durer et qu'il faudra y mettre un terme, d'une manière ou d'une autre.
Ce film traite âprement du thème de l'alcoolisme, sans faire dans la demi-mesure; il ne s'agit pas d'une représentation du petit penchant gentillet pour quelques verres, mais de la dépendance la
plus absolue à la bouteille. Le type d'attirance irrésistible qui rend fou, provoque des hallucinations, et conduit à rejeter ses proches afin de rester en tête à tête avec Dionysos.
Certaines scènes sont frappantes, comme celle où Birnam voit une chauve-souris s'attaquer à une petite souris. D'autres sont gênantes, comme celle où il supplie Nat le barman de lui servir un
verre, et comme celle où il en est réduit à voler un sac à main pour payer ses additions.
The Lost weekend de Billy Wilder a été réalisé bien avant Stalag 17, Sept ans de réflexion ou Certains l'aiment chaud; nous sommes ici dans un registre radicalement opposé à l'humour de ces trois
réalisations. Et pourtant, Wilder semble se montrer aussi à l'aise dans le drame que dans la comédie.
Ce film a recu plusieurs Oscar en 1945, dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur.
Ce qui n'a pas empêché le public de le bouder, probablement à cause de son réalisme noir, à la limite du morbide.
The Lost Weekend est l'histoire d'une longue descente aux enfers filmée de manière réaliste et austère. Ne vous attendez pas à des effets spéciaux, à des scènes superflues, ou à des dialogues
inutiles. L'alcoolisme est abordé sous l'angle le plus tragique et, de facto, le plus efficace.
Les ronds de verre d'alcool qui finissent par représenter des menottes ou la bouteille suspendue par une corde laissent apercevoir l'enfermement absolu des victimes de la bouteille et l'absence
de perspective libératrice.
J'ai trouvé que ce film manquait parfois d'un fil conducteur crédible, produisant quelques longueurs. Mais pour le reste, rien à redire.
En se contentant de filmer la souffrance et l'impuissance d'un homme, Wilder évite l'écueil du film moralisateur ou, pire, du film dénonciateur. Abordé sous l'oeil du traitement réaliste, ce film est une oeuvre intéressante que je recommande.
Je ne sais plus qui m'a conseillé de le regarder, mais je le remercie.
Note: 16/20
Derniers Commentaires