LES CLASSIQUES DU CINEMA




La Grande illusion est un film réalisé par Jean Renoir en 1937, avec Pierre Fresnay, Jean Gabin et Erich von Stroheim.

Première Guerre mondiale. Le capitaine de Boeldieu (Pierre Fresnay) et le lieutenant Maréchal (Jean gabin) sont faits prisonniers dans un camp allemand.
Ils y trouvent de nombreux prisonniers français, avec lesquels ils sympathisent. Ceux-ci leur annoncent qu'ils ont creusé un tunnel par lequel ils vont s'évader.
Alors que tout est prêt pour tenter le coup, ils apprennent qu'ils vont être transférés dans un autre camp.

Jean Renoir était connu pour être assez proche du parti communiste. Aussi tend-il à démontrer que les différences sont moins prononcées entre nations qu'entre classes sociales. L'officier allemand (Erich von Stroheim) sympathise avec le capitaine de Boeldieu, tous deux issus d'une famille aristocrate; en revanche, il ignore délibéremment le lieutenant Maréchal, issu d'une famille simple.

Interdit en Belgique, en Allemagne, et en France sous l'occupation, condamné par Churchill en Grande-Bretagne, le film n'a pas fait l'unanimité. A la fois pour son pacifisme et pour l'histoire d'amour entre un Français et une Allemande. Malgré tout, certaines voix s'élevèrent pour l'encenser, notamment celle de Roosevelt.
François Truffaut fit également beaucoup pour le réhabiliter.

Adaptation d'un ouvrage de Norman Angell, voici ce que disait l'auteur:
« la Grande Illusion des Peuples est de croire que le Fer et le Feu seuls les sauvegardent alors que la Force du Crédit Universel muselle les canons ». Pour lui donc, les peuples qui pensent que la guerre résoudra leurs problèmes sont victimes d'une « grande illusion ». Angell obtint le Prix Nobel de la paix en 1933.
Néanmoins dans le film de Renoir, on peut considérer que la grande illusion est le fait que les frontières sont moins celles des nations que celles des barrières sociales.

La Grande illusion emprunte le ton d'un discours humaniste et pacifiste. Cette fresque sur l'homme est une brillante réussite, bien que son rythme soit assez lent. Ce n'est pas un film de guerre, mais un film sur les acteurs de la guerre. A ce titre, Renoir nous a concocté un petit bijou.
La scène à se remémorer: celle de Boildieu sur les remparts.


Note: 16,5/20






Lun 29 jun 2009 1 commentaire
Un de mes films préférés ! C'est vrai que le rythme est assez lent, surtout vers la fin (après l'évasion). Mais la vie dans les camps de prisonniers est superbement mise en scène. En plus de la scène de Fresnay sur les remparts, je retiens la Marseillaise chantée par Français et Anglais sous les yeux médusés des officiels allemands à l'annonce de la reprise de Douaumont.
19/20 pour moi !
LB - le 01/07/2009 à 00h26